Nelly Bilodeau risque 36 mois de prison pour fraude

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Tout au long des représentations, Nelly Bilodeau est demeurée distante, n'a jamais regardé sa victime et a écouté patiemment les représentations sur sentence.

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Nelly Bilodeau, la femme de confiance de l'administration du restaurant Le Barillet de Jonquière, passera de 10 à 36 mois en prison pour avoir fraudé son ancien employeur de 148 000$.

Le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, a pris le dossier en délibéré afin de déterminer la peine qu'il doit imposer à la femme de 36 ans sans antécédent judiciaire. La sentence sera connue le 15 février.

Employée du restaurant de la rue Saint-Dominique de Jonquière durant 15 ans, Mme Bilodeau a été l'adjointe du propriétaire Michel Tremblay durant 13 ans. Elle était son «homme» de confiance.

Profitant de cette situation, Nelly Bilodeau devait remplir quotidiennement le guichet automatique d'argent. À la suite du suicide de son père, la femme a vécu une période difficile et est devenue une joueuse compulsive.

Afin de répondre à ses besoins financiers pour jouer, elle a entrepris sa fraude. Au début, elle prenait un 5$ ou un 10$ au passage. Ensuite, elle a augmenté la mise. Son stratagème était d'écrire qu'elle déposait, en exemple, 5000$ dans le guichet, mais elle en conservait une bonne partie pour ses propres mises.

Le tout a duré 18 mois entre mai 2012 et septembre 2013. Bilodeau a eu le temps de frauder pour une somme 148 000$ le restaurateur. Celui-ci a dû payer 14 000$ supplémentaires pour faire faire un examen sérieux des livres de l'entreprise afin de comprendre ce qui se passait. Un travail de six mois. Ce qui signifie qu'il a été floué de 162 000$.

Le pot aux roses a été découvert lorsque Bilodeau est partie en vacances. À partir de là, il ne manquait jamais d'argent dans le guichet et les livres-comptables balançaient.

Me Sabrina Tremblay, procureure de la Couronne, réclame donc une peine de 30 à 36 mois de prison. Elle tient compte du montant de la fraude, de la durée de la fraude et du fait que l'accusée a manipulé les documents pour mieux faire passer sa fraude.

«Oui, elle a arrêté de frauder le restaurant, uniquement parce qu'elle n'a pas eu le choix. Après la découverte, elle a été congédiée. Elle n'a fait aucune thérapie pour vaincre sa problématique», note Me Tremblay.

Du côté de la défense, Me Jean-Marc Fradette ne croit pas que la prison soit appropriée pour sa cliente, mais étant donné que le Code criminel canadien ne permet pas une peine en société pour les fraudes de plus de 5000$, il n'a pas le choix de proposer une peine d'emprisonnement. Pour lui, de 10 à 16 mois seront suffisants.

«Je ne pense vraiment pas que la prison soit la solution. Le gouvernement a modifié tout ça. Elle n'aura donc pas le choix. Depuis les événements, ma cliente a fait faillite et se retrouve sur l'aide sociale. Elle n'a à peu près pas de chance de se retrouver un emploi. Mme Bilodeau a des remords», mentionne Me Fradette, qui explique que les 148 000$ ont été dépensés dans le jeu.

Ce dernier a précisé que le montant de la fraude ne s'efface pas même à la suite d'une faillite. Si jamais elle se trouve un emploi ou gagne un montant d'argent à la loterie, elle pourrait voir la victime lui réclamer son dû.

Michel Tremblay regrette de s'être fait avoir de... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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Michel Tremblay regrette de s'être fait avoir de cette façon par une personne en qui il avait une grande confiance.

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« Nous nous sommes sentis stupides »

Même s'il n'a rien à se reprocher, Michel Tremblay éprouve de la honte, regrette de s'être fait avoir de cette façon par une personne en qui il avait une grande confiance.

Le propriétaire du restaurant Le Barillet s'est exprimé devant le tribunal. Il a raconté avoir eu de la difficulté à dormir après avoir appris la fraude, que son épouse ne cessait de pleurer.

«Au départ, nous n'avons pas compris vraiment ce qui se passait. Je peux vous dire que cette affaire a eu tout un impact. Nous avons cohabité dans le même bureau durant 13 ans. La confiance s'était installée. Je peux vous dire que je me suis senti trahi dans toute cette affaire. J'ai assumé les pertes», a mentionné M. Tremblay, dont le restaurant célébrera son 50e anniversaire à la fête des Mères de 2016.

«Nous nous sommes sentis stupides, responsables de ce qui s'était passé. J'ai culpabilisé, j'ai éprouvé de la honte. Je me suis demandé si ça valait la peine de travailler aussi fort pour se faire avoir au bout de tout ça. Nelly Bilodeau est apparue comme un être sans scrupule. Elle n'a démontré aucun remords. Lorsqu'elle a quitté le restaurant, elle a simplement dit que ça ne pouvait être elle, que jamais elle ne nous ferait ça», de poursuivre M. Tremblay.

Le propriétaire du restaurant ne demande pas une sentence exemplaire, mais veut que justice soit faite.

«Je ne cherche pas à me venger. Mais je veux une justice qui sera conforme à la gravité des gestes posés par l'accusée», a-t-il conclu.

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