Soeurs Lévesque: les valises rouges, 30 ans plus tard

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Il y a 30 ans, le 7 janvier 1986, deux mots étaient sur toutes les lèvres des Saguenéens et des Jeannois: soeurs Lévesque.

Les deux enseignantes de Jonquière, Micheline et Laurence Lévesque, venaient d'être arrêtées à l'aéroport Leonardo da Vinci, à Rome, avec 6,5 kilogrammes d'héroïne dans leurs valises rouges. Un butin d'une valeur de plus de 15 millions$, à l'époque.

Même si les moyens de communication n'étaient pas aussi sophistiqués que présentement, les fils de presse avaient relayé rapidement l'information à travers le monde, notamment au Québec et au Saguenay-Lac-Saint-Jean, créant une onde de choc dans la région.

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Micheline Lévesque avait été interrogée il y a quelques années.

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Les soeurs Micheline et Laurence Lévesque avaient donné une conférence de presse à leur retour au pays en février 1987.

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À la suite de leur arrestation et de leur interrogatoire, les deux femmes ont été envoyées à la prison pour femmes de Rebibbia, en banlieue de la capitale italienne. Elles y seront demeurées une seule journée, le temps que le père Armand Gagné (un homme de La Baie) suggère aux autorités carcérales de les prendre sous son aile dans l'une des résidences des Pères trinitaires à Rome.

Entre l'arrestation le 7 janvier 1986 et leur acquittement, le 12 février 1987, les soeurs Lévesque auront été en détention pendant 403 jours. Le juge italien, Domenico Pellagi, les avait acquittées en raison d'une insuffisance de preuves. Elles avaient pu regagner leur résidence du secteur Arvida le 27 février.

Le 27 février 1987, Micheline et Laurence Lévesque... (Archives) - image 3.0

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Le 27 février 1987, Micheline et Laurence Lévesque attendent pour embarquer dans l'avion qui les ramènera au pays.

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Aucune idée

L'histoire rocambolesque des deux femmes avait commencé en décembre 1985 lors d'un voyage aux Indes. Durant un périple dans le nord du pays, à Madras, elles avaient confié les valises rouges à Sylvain Roy, une personne qui devait être digne de confiance.

À leur retour de ce petit voyage à l'extérieur de New Delhi, Laurence et Micheline Lévesque ont repris l'avion en direction du Canada sans jamais avoir à transporter leurs valises.

Au départ des Indes et en direction du défunt aéroport de Mirabel, elles ont fait escale à Rome. C'est là que les douaniers ont pu mettre la main sur les 6,5 kg d'héroïne et ainsi procédé à l'arrestation des deux voyageuses.

Immédiatement, elles ont clamé leur innocence. Les Jonquiéroises ont plutôt ciblé Sylvain Roy, celui qui avait organisé le voyage, comme responsable de cette histoire. L'individu n'a jamais été retrouvé. Certaines personnes avaient plutôt fait un lien avec la fille de Micheline Lévesque, Sylvie Roy, mais celle-ci n'a jamais été accusée de quoi que ce soit.

Au jour du procès, auquel Le Quotidien a assisté, le 12 février 1987, trois juges de la huitième section du palais de justice Plaza del Clodio de Rome, dont le juge en chef Domenico Pellagi, ont entendu la preuve amenée par le procureur de la Couronne, Me Francesco Infilisi.

Au terme de son plaidoyer, celui-ci demandait une peine de six années de prison pour ce trafic d'héroïne. Quant à Me Franceso Sarraca, l'avocat des deux soeurs, il souhaitait plutôt la peine la plus clémente pour Micheline Lévesque, sur qui tous les soupçons pesaient. En ce qui concerne Laurence, plusieurs croyaient qu'elle serait acquittée.

Au bout de quelques heures de délibération, le juge Pellagi est revenu sur le parquet pour annoncer l'acquittement des deux femmes pour insuffisance de preuves. Il aura fallu quelques secondes aux deux femmes pour réaliser ce qu'il venait d'annoncer, étant donné que leur interprète a dû traduire les propos de l'italien au français.

Faits saillants

• Laurence Lévesque est décédée en 1994. Quant à Micheline, elle s'est établie à Montréal quelques années après l'épisode romain. Elle s'est tenue le plus loin possible des médias. Mais elle m'avait suggéré de prendre mes notes et mes dossiers sur cette tristement célèbre affaire et d'en faire un feu de joie...

• En novembre 2007, les deux femmes ont publié le roman Les valises rouges, qui racontait toute cette mésaventure. Le livre, publié aux Éditions JCL, a été vendu à plus de 7000 copies...

• Trois journalistes de la régionont assisté au procès. En plus de Stéphane Bégin (Le Quotidien), il y avait Jocelyn Proulx (Radio-Canada) et Yves Bernard (CKRS)...

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