Un déviant sexuel condamné à 17 mois

Éric Fortin recevra toute l'aide nécessaire de la... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Éric Fortin recevra toute l'aide nécessaire de la part de spécialistes afin de régler sa déviance sexuelle et sa problématique de consommation de stupéfiants.

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le Chicoutimien Éric Fortin devra subir un traitement d'hormonothérapie afin de venir à bout de sa déviance sexuelle. Il a été condamné, mardi matin, à 17 mois et demi de prison, sentence à laquelle le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a retranché l'équivalent de 11 mois et demi de détention préventive. Il lui reste six mois moins un jour à faire, le temps de lancer le traitement par injection qui vise à diminuer ses érections et ses éjaculations.

L'individu de 44 ans a été arrêté en avril 2015 pour des bris de probation, de promesses et de menaces. Il a plaidé coupable à 14 chefs d'accusation le mois dernier.

Si ce traitement particulier lui est imposé, c'est que son dossier de bris et de menaces a pris une tournure sérieuse et imprévisible au moment de son arrestation. Les policiers ont découvert son calepin de notes personnelles où il décrivait ses fantasmes de vouloir enlever, agresser sexuellement des femmes et ensuite les éliminer. S'il n'est jamais passé à l'action, c'est en raison de sa foi catholique, a déjà dit Fortin.

Devant cette situation particulière, Me Amélie Gilbert (Couronne) et Me Olivier Théorêt (défense) en sont arrivés, après plusieurs discussions et à la suite de témoignages de spécialistes, à une suggestion commune. Le juge Boudreault l'a entérinée et a ajouté une probation et un suivi de 36 mois.

«Je vais imposer plusieurs conditions à respecter étant donné que vous n'avez jamais eu l'habitude de les respecter par le passé. La peine de prison est nécessaire en raison des 10 chefs de bris de probation, deux chefs de menaces et deux chefs de bris de promesse. Quant à la probation, elle s'impose», ajoute le juge.

«Tout le monde a contribué à trouver des solutions. Nous croyons à la réhabilitation de l'accusé. Mais cela passe par le traitement d'hormonothérapie», a repris le magistrat.

À sa sortie de prison, Fortin ira en transition à la Maison Ressac pour une période minimale de deux ans. Il aura droit à un suivi serré sur les effets de l'hormonothérapie, un traitement visant à diminuer ses érections et ses éjaculations afin de lui donner une vie sexuelle normale.

Éric Fortin a fait part de ses impressions au tribunal avant que la sentence ne soit rendue. Il dit mieux se sentir depuis son transfert de la prison de Chicoutimi à celle de Roberval, où il a sa propre cellule.

«Les membres de ma famille ont lu dans le journal que je devrai prendre des médicaments et ils en sont très heureux. Moi-même, j'ai réfléchi à ce traitement et je sais que ce sera une bonne chose pour moi. Même la médiatisation de ma déviance sexuelle m'a permis de me rendre compte de l'importance de ma maladie», a indiqué Fortin.

«Je suis plus motivé à suivre le traitement et je suis confiant de réussir. Sur 10, je dirais 8,5 chances de réussir. À 44 ans, il est temps de passer à autre chose», a mentionné Éric Fortin.

Une sentence adaptée

Le dossier d'Éric Fortin n'était pas facile à gérer et à régler. Mais la volonté de la Couronne et de la défense à trouver une solution aura permis au tribunal de rendre la sentence appropriée à ce déviant sexuel.

Même si Fortin cumule plus de 100 chefs d'accusation et plus de 20 sentences depuis son passage à l'âge adulte, les derniers crimes commis ne laissaient pas présager une longue peine d'emprisonnement.

«Il s'agit d'une sentence appropriée. Le monde judiciaire et le monde médical ont travaillé ensemble pour trouver la meilleure sentence adaptée à la situation. C'est une peine punitive, oui, mais qui permettra aussi à M. Fortin de travailler sur ses nombreuses problématiques.»

«Je crois à sa réhabilitation. Nous avons un plan très concret. Mon client a déjà entrepris son traitement d'hormonothérapie. Lorsque le traitement aura stabilisé ses pulsions sexuelles, il se retrouvera à la Maison Ressac pour deux ans afin de travailler ses diverses problématiques. Il pourra ensuite reprendre sa place en société et se trouver un emploi. Le mandat est important pour Ressac, mais leur expertise est reconnue», a indiqué Me Olivier Théorêt, qui s'est réjoui de la collaboration obtenue.

Du côté de la Couronne, Me Amélie Gilbert croit aussi en la réhabilitation de Fortin puisqu'il sera encadré pour les prochaines années et qu'il a fait preuve de sincérité dans son témoignage.

«Tout ça fait partie de l'individualisation de la peine et de la personnalité de l'accusé. Celle-ci laissait entrevoir plusieurs problématiques. Nous ne pouvions les occulter. Le crime le plus grave était passible de cinq années de prison, mais nous avons pu envisager la réhabilitation à la suite des témoignages des spécialistes. Il fallait sentencer pour l'homme qu'il était au moment des crimes», indique Me Amélie Gilbert, procureure de la Couronne, précisant que ce n'est pas la sentence (17 mois et demi) qu'elle avait envisagée au départ.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer