La requête en récusation du juge Boudreault en délibéré

Jean-François Martel-Poliquin attendra patiemment la décision de la... (Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin)

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Jean-François Martel-Poliquin attendra patiemment la décision de la Cour supérieure du Québec afin de savoir si le juge Michel Boudreault sera récusé ou non de son dossier de facultés affaiblies causant des lésions pour des événements remontant au 9 août 2013.

Photo Le Quotidien, Stéphane Bégin

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Le juge Serge Francoeur, de la Cour supérieure du Québec, s'attendait à ce qu'une requête en récusation soit déposée, un jour ou l'autre, contre son collègue de la Cour du Québec, Michel Boudreault.

Lundi matin, au Palais de justice de Chicoutimi, le juge Francoeur a entendu la requête de Me Dominic Bouchard, dans le dossier de Jean-François Martel-Poliquin, accusé de conduite avec les facultés affaiblies causant des lésions, le 9 août 2013.

Le procès devait se dérouler le 27 octobre dernier. Lorsque l'accusé s'est aperçu que c'était le juge Boudreault qui devait entendre son histoire (le même qui a analysé le dossier de remise en liberté d'Yves Martin, le chauffard du rang Saint-Paul à Laterrière), il a demandé à ne pas être jugé devant lui.

Martel-Poliquin craignait que le juge fasse preuve de partialité, qu'il veuille le punir plus sévèrement en raison de tout ce qui entoure l'affaire Martin.

« J'avais le sentiment qu'une situation comme une requête en récusation était pour arriver à la suite de l'affaire Martin. Maintenant que c'est là, on va y voir », a lancé le juge Serge Francoeur, de la Cour supérieure du Québec.

« Je vais trancher dans ce dossier. Il n'est pas question pour moi de rendre une décision pour l'ensemble des dossiers du juge Boudreault dans le district de Chicoutimi ou ailleurs, mais seulement pour celui de Martel-Poliquin », a indiqué le magistrat, avant de prendre la décision en délibéré.

Avant de quitter la salle d'audience, le juge Francoeur a précisé aux procureurs qu'il ne voyait pas le dossier de récusation comme une demande impulsive du requérant ni une façon pour l'avocat de marchander son juge.

« Je peux par contre percevoir dans le témoignage de l'accusé la difficulté que ça peut causer. Mais il reste quelques étapes à analyser avant de rendre une décision », a-t-il ajouté, précisant avoir écouté les enregistrements du 27 octobre.

Durant près de 60 minutes, les procureurs au dossier ont fait valoir leur point de vue sur la nécessité que le juge Boudreault conserve ou non l'affaire Martel-Poliquin.

Me Bouchard a demandé au tribunal de se placer dans les souliers de l'accusé, qui lui a senti le manque d'impartialité dans les propos du juge Boudreault.

« J'étais prêt à plaider. Mais mon client ne s'est pas senti à l'aise en voyant le juge Boudreault et encore moins lorsqu'il lui a dit que les allégations étaient graves et qu'il n'était pas pour se récuser afin de permettre aux avocats de marchander leur juge. Il a senti que le juge n'aimait pas son avocat. Il ne se sent nullement sécurisé », a mentionné le criminaliste.

Me Bouchard a aussi précisé qu'il n'avait pas vraiment le choix de déposer sa requête. Il croit qu'il aurait pu être blâmé s'il ne l'avait pas fait et si son client avait été reconnu coupable par le juge Boudreault.

Du côté du ministère public, Me Audrey Allard croit que l'accusé n'a pas démontré qu'il y avait une crainte raisonnable de partialité de la part du juge Boudreault et que ce dernier pouvait donc poursuivre dans ce dossier.

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