La saga du Richelieu tire à sa fin

Larry Savard, le trafiquant de drogue du Motel Richelieu à Jonquière, risque de... (Archives Le Quotidien)

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Larry Savard, le trafiquant de drogue du Motel Richelieu à Jonquière, risque de se retrouver derrière les barreaux pour une année ou pourrait purger sa peine en société.

La saga de cette transaction de drogue qui a mal tourné et qui a causé la mort de Maxime Dallaire-Gobeil dans le stationnement du motel le soir du 25 octobre 2011, tire à sa fin.

Vendredi après-midi, Me Sébastien Saint-Laurent (défense) et Me Claudine Roy (Couronne) y sont allés des représentations sur sentence devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec.

Savard avait plaidé coupable à des accusations de trafic de 50 livres de marijuana, de plantation de 126 plants de cannabis, de 52 boutures et d'avoir été en possession de cinq kilogrammes de résidus. S'ajoute un bris d'engagement.

«Si je demande une peine de 12 mois de prison ferme, c'est que M. Savard a fait ça pour le luxe et l'appât du gain. Il dit que trois jours, ce fut long pour réunir 50 livres de marijuana et qu'il a dû la trouver auprès de quatre ou cinq fournisseurs. Je considère, en raison de la quantité et la préméditation, que la peine de 12 mois de prison reflète la gravité objective des accusations, la dissuasion et la dénonciation», mentionne Me Roy.

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Larry Savard, le trafiquant de drogue du Motel Richelieu à Jonquière

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

«Oui il y a une certaine réhabilitation. C'est un élément important dans le dossier. Mais il n'en demeure pas moins que d'avoir accès à une quantité de stupéfiants d'une telle importance et d'apprendre qu'il avait fait un premier trafic (avant l'épisode du Motel Richelieu), justifie une peine de prison ferme», ajoute-t-elle.

Du côté de la défense, Me Saint-Laurent estime plutôt qu'une sentence de 16 mois en société et des travaux communautaires pourraient satisfaire la justice.

«Mis à part un bris d'engagement (retard d'une journée pour appeler la police), mon client a toujours respecté les règles du tribunal depuis sa remise en liberté en 2011. Une peine en société pourrait respecter les principes de dénonciation et de dissuasion. Quant à la dette envers la société, mon client pourrait effectuer des heures de travaux communautaires», de noter l'avocat de la défense.

Le juge Jean Hudon rendra la peine le 27 janvier.

Quant à son complice, Marcel Rousseau, il a plaidé coupable, vendredi, à des accusations de complot pour trafic et à un trafic de 50 livres de marijuana. Les représentations sur sentence se feront le 22 avril.

En ce qui concerne les membres de l'autre faction, celle qui est partie avec la drogue, la tête dirigeante Dominic Paquet a écopé de 54 mois de prison, alors que Jean-François Bourgeois et Stéphane Poitras (poignardé à sept reprises) ont fait 42 mois d'emprisonnement. Yves Tremblay (16 mois), Keven Moulton et Jean-François Bergeron (deux ans moins un jour), Gabriel Paquet (12 mois en société) et Stéphane Fortin (24 mois de prison ferme) ont aussi écopé dans l'affaire.

La drogue, «la plus belle erreur de ma vie»

Même s'il a trafiqué des quantités de 10 et de 50 livres de marijuana, Larry Savard fera tout en son pouvoir pour convaincre ses enfants de ne jamais toucher à la drogue.

L'individu de Saint-Honoré s'est adressé au juge Jean Hudon, vendredi après-midi, afin de lui faire voir qu'il regrettait son passage dans le monde interlope.

«Ce fut la plus belle erreur faite de ma vie que de tremper dans la drogue, étant donné tout ce que ça amène. J'étais dans une situation financière difficile et j'y ai vu l'occasion de faire de l'argent rapidement. Mais ce ne fut pas le cas. Je peux dire que ce fut assez traumatisant de me faire battre (lors de la transaction ratée du Richelieu). Je me réveille encore la nuit en sueur», a raconté Savard, qui s'oppose à la légalisation de la marijuana.

«J'ai honte. Et je devrai expliquer ça un jour à mes enfants. Le cannabis n'amène rien de bon dans la vie», a indiqué Savard, qui avait un antécédent de trafic de cocaïne en 1999 (1 mois de prison).

À la barre des témoins, l'homme de 40 ans a expliqué en long et en large la manière dont il s'y est pris pour dénicher 50 livres pour son acheteur Dominic Paquet.

«Je n'avais pas ces quantités avec moi. J'ai dû aller la chercher auprès de quatre ou cinq fournisseurs à Montréal et à Joliette. J'ai "fronté" cette drogue. Je n'ai pas eu à la payer ou à faire un premier paiement. Ils m'ont fait confiance», raconte Savard.

Mais les choses ont mal tourné. Lorsque Savard et son acolyte Marcel Rousseau sont arrivés au Motel Richelieu de Jonquière, ils ont été accueillis par huit individus dans la chambre de l'établissement. Ils ont été attaqués. Un individu est parti avec la drogue. La bagarre a éclaté. Maxime Dallaire-Gobeil y a laissé sa vie. Savard a été poignardé au bras et frappé à coups de bâton de baseball.

Même s'il n'a jamais payé la facture de 58 000$ (50 livres de marijuana), Savard s'est fait dire qu'il ne devait rien à ses fournisseurs, ce qui a soulevé un questionnement de la part de MeClaudine Roy.

«Vous en avez souvent vous des cadeaux de 58 000$?», a-t-elle demandé.

«Non, mais j'en ai eu un. J'ai un jour reçu un appel pour me dire de ne pas m'en faire, que je ne devais rien. Comme cet événement a été très médiatisé, ils ont vu que je n'avais pas volé la drogue. Mais je crois que ce sont d'autres personnes qui auront à payer la facture», ajoute-t-il.

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