Opérations policières: des avocats plaident pour des changements

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Me Jean-Marc Fradette

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Les criminalistes régionaux ne s'opposent pas à ce que les policiers mènent des opérations policières d'envergure afin de démanteler des réseaux de trafiquants de drogue, mais ils croient aussi qu'elles pourraient être faites autrement.

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Me Julien Boulianne

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Ils souhaiteraient aussi que l'on tente de régler le problème de la consommation en amont, avant que la drogue ne détruise les vies.

À la suite du reportage publié dans l'édition de samedi dernier dans Le Quotidien, dans lequel les procureurs de la Couronne disaient que ces opérations étaient nécessaires afin de laisser les têtes dirigeantes de ces réseaux sur le qui-vive, les avocats de la défense estiment que les perquisitions de grande envergure ne devraient plus se faire.

« À mon point de vue, ces opérations devraient être plus ciblées. Il faut éviter des procès trop gros, trop coûteux et trop compliqués. Des opérations visant un secteur en particulier, où il y aurait quelques arrestations, pourraient être plus efficaces pour le monde judiciaire », croit Me Julien Boulianne.

Ce dernier prend en exemple l'opération SharQc. Des dizaines et des dizaines de revendeurs et des têtes dirigeantes avaient alors été arrêtés aux quatre coins du Québec. Le procès a avorté après plusieurs années d'attente. Le tribunal a annoncé un arrêt des procédures.

« D'ailleurs, l'opération Cabotin a été plus efficace que SharQc. Toutes les personnes arrêtées ont enregistré des plaidoyers de culpabilité. Ça démontre qu'il peut être préférable d'y aller au plan local », ajoute Me Boulianne.

Ce dernier estime que les membres de l'Escouade régionale mixte (ERM) ne doivent pas abandonner la lutte au crime organisé. « Leur travail a une certaine efficacité sur la dissuasion », poursuit le criminaliste.

De son côté, Me Jean-Marc Fradette croit aussi qu'il faut maintenir la pression sur les groupes criminalisés. Mais il pense que le gouvernement pourrait agir autrement pour réduire la consommation des stupéfiants.

« Notre société en est rendue à accepter la légalisation de la marijuana ou sa déjudiciarisation. On sent une certaine ouverture. Ça pourrait avoir un certain impact, car les gens du crime organisé, ce qu'ils veulent, c'est le contrôle de cette consommation », note Me Fradette.

« Mais il faut faire davantage. Il faut continuer à subventionner les organismes qui effectuent du travail en toxicomanie, permettre ainsi de retirer du système judiciaire ceux qui y reviennent trop souvent pour de la consommation », de dire l'avocat de la défense.

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