L'hormonothérapie pour Éric Fortin

Éric Fortin devra patienter encore quelques semaines avant... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Éric Fortin devra patienter encore quelques semaines avant de connaître la sentence que le tribunal lui imposera.

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Même si Éric Fortin passe des nuits en érection dans sa cellule et qu'il se masturbe six à sept fois par jour, il se dit fatigué de cette vie. Il est donc prêt à suivre un traitement d'hormonothérapie afin de retrouver une vie normale.

L'homme de 44 ans demeure un cas particulier pour le milieu judiciaire. Emprisonné depuis le 30 avril dernier, soit près de sept mois, il n'a commis que des bris d'engagement et fait des menaces. Aucune accusation à caractère sexuel.

L'histoire du client de Me Olivier Théorêt n'est pas banale.

Si son cas retient autant l'attention du tribunal, c'est que les pensées sexuelles de l'individu sont considérées comme déviantes. Fortin a été arrêté en avril pour avoir fait part, par lettre, de ses fantasmes sexuels envers sa thérapeute.

Mais il y avait plus. Sa mère a découvert des lettres au moment de faire le ménage de sa chambre. Les documents étaient très explicites. Il y décrivait plusieurs fantasmes macabres.

Les lettres étaient destinées à sept femmes. Il voulait les enlever, les violer et ensuite les tuer. Heureusement, il n'est jamais passé à l'acte.

Jeudi, le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, a entendu les grandes lignes de la preuve dans ce dossier. Il a aussi entendu deux experts, une agente de probation et l'accusé.

Tout le monde cherche la solution pour éviter que Fortin n'en vienne à passer à l'acte un jour. Et cette solution passe inévitablement par un traitement d'hormonothérapie par injection.

«C'est la seule solution», lance le psychiatre Benoit Croteau. «Mais ça prend la collaboration de l'individu. Les effets du traitement sont assez rapides, mais pour être efficace, il doit durer de trois à cinq ans (à raison d'injection aux trois mois).»

«Le traitement a pour effet de diminuer et ensuite d'enlever les pulsions sexuelles du patient. Le Lupron (médicament) fait en sorte de couper le moteur des fantasmes sexuels. Ça coupe les hormones, la libido et l'énergie sexuelle», a exprimé le docteur.

Éric Fortin a écouté attentivement les propos du médecin. Les deux hommes se sont récemment rencontrés à la prison pour une évaluation. La rencontre a duré près de quatre heures.

L'accusé s'est dit prêt à suivre le traitement. Il sait qu'il verra son désir sexuel baisser de façon dramatique, mais il n'a pas le choix.

«Je voudrais dire au tribunal que je ne suis pas le monstre qui a été décrit dans le journal. Ça m'a fait mal de lire ce que l'on écrivait à mon sujet. Je n'avais pas l'intention de faire des victimes. À cause de ça, j'ai eu la vie dure en prison. J'ai même dû me battre pour me défendre des insultes», a raconté Fortin, qui est ostracisé depuis son enfance.

«Je suis prêt à suivre le traitement, même si je ne suis pas un agresseur sexuel. J'ai besoin d'aide. Je suis un homme démoli qui manque de confiance. Je vais offrir une collaboration totale, car je veux être aidé. Je sais que le traitement va être long, mais je suis prêt. Je ne sais pas comment je vais réussir à passer au travers tout ça. J'y vais un jour à la fois. Je crois que je vais réussir», a poursuivi Fortin.

Le docteur Croteau a précisé qu'à la fin du traitement, le patient retrouvera une sexualité normale.  Du côté d'Yves Tremblay, un conseiller spécialisé en délinquance sexuelle, il faut plus que le traitement.

«Le traitement ne lui enlèvera pas son hostilité envers les femmes ni la gestion de ses émotions. Il doit subir des tests d'urine, avoir un suivi en toxicomanie, en délinquance sexuelle et en psychiatrie. Il lui faut un encadrement à long terme», explique M. Tremblay.

Le dossier a été reporté au 15 décembre pour les représentations sur sentence.

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