L'ex-policier André Simard cité à procès

André Simard... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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André Simard

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André Simard, l'ancien policier de Saguenay, est cité à procès pour avoir tenté d'entraver le cours de la justice par l'entremise d'une autre personne.

Le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, estime que l'enquête préliminaire de Simard a laissé voir qu'il y a assez de preuve pour ordonner la tenue d'un procès.

«Le test de l'enquête préliminaire n'est pas de juger de la crédibilité des témoins, ni de la preuve ou encore de déterminer si l'accusé est coupable ou non. L'enquête préliminaire est là pour évaluer s'il y a une preuve, aussi mince soit-elle, pour envoyer une personne à son procès», a expliqué le juge Boudreault.

«La preuve présentée semble me démontrer que les tentatives de convaincre des victimes d'André Simard de faire de nouvelles déclarations ne viennent pas de lui. Mais il était au courant des démarches de son ami», a ajouté le magistrat.

Toute cette histoire remonte aux semaines qui ont suivi le verdict de culpabilité de l'ex-policier en mars 2014. Le juge Rosaire Larouche avait reconnu Simard coupable de cinq chefs d'agressions sexuelles et de cinq chefs de trafic de stupéfiants.

Mercredi, lors de la dernière journée de l'enquête préliminaire, Me Mélanie Ducharme, de la Couronne, a fait témoigner un ami de Simard, celui qui est à l'origine des accusations. Une ordonnance du tribunal interdit aux médias d'identifier les témoins et les victimes dans cette affaire.

Le témoin est venu dire qu'il avait agi de sa propre initiative dans cette affaire. L'une des victimes n'avait pas accepté le verdict de culpabilité de Simard, estimant qu'elle ne considérait pas avoir été agressée sexuellement.

Le témoin a alors pris la décision de venir en aide à cette victime afin qu'elle puisse faire connaître sa véritable version au tribunal. Ce n'est que par la suite qu'il a fait part de sa démarche à Simard, qui ne s'est pas montré très favorable à l'idée.

Le juge Boudreault dit croire que toutes les démarches n'ont pas été faites à l'initiative d'André Simard, mais qu'il était au courant.

«Je ne peux conclure que la preuve est accablante. Ce n'est pas à ce stade-ci que le tribunal doit le faire. Mais la preuve est suffisante pour justifier le renvoi à un procès pour André Simard», a mentionné le juge Boudreault.

L'avocat de la défense, Me Dominic Bouchard, n'a pas été surpris de la décision du tribunal de citer son client à procès. «Je ne suis pas surpris et pas déçu. Le juge de l'enquête préliminaire l'a dit avec détails. Il a rendu une décision correcte en droit. Le fardeau sera plus élevé au stade du procès», indique le criminaliste.

La citation à procès de Simard ne devrait pas influencer la décision de la Cour d'appel du Québec dans les contestations des verdicts de culpabilité et de la sentence imposée à l'accusé.

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