Mequish invoque la légitime défense

Dave Mequish... (Archives Le Quotidien, Louis Potvin)

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Dave Mequish

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Louis Potvin
Le Quotidien

Est-ce que Dave Mequish a agi en légitime défense en frappant de deux coups poing et d'un coup pied Joé Weizineau-Chachai?

C'est à cette question que devra répondre les deux femmes et 10 hommes qui composent le jury au procès de Mequish, 22 ans, d'Obedjiwan. Le jury a amorcé ses délibérations hier après-midi.

Lors de sa plaidoirie, l'avocat de Mequish, Me Pierre Gagnon, a indiqué que son client s'est défendu après avoir reçu un solide coup de coude au visage. « Ça doit soulever un doute raisonnable. Il s'est défendu en réponse à une attaque. Il ne pouvait pas prendre le temps de penser aux conséquences avant de se défendre », a-t-il plaidé, hier matin.

Julie Lajoie pense le contraire et a exposé sa vision au jury. Elle a rappelé que c'est Mequish qui est revenu vers sa victime après s'être éloigné. « C'est lui qui lui a lancé une blague et le ton a monté. Comment ça se fait qu'aucun des témoins n'ait vu ce coup de coude? Il me semble que monsieur Weizineau aurait dû prendre un élan pour l'atteindre, car il mesurait 5 et 9 pouces et Mequish 6 pieds 2 pouces. Tous les témoins ont parlé d'une poussée au torse ou de petits coups de coude pas forts. Il a donc utilisé une force démesurée par rapport à l'attaque », a suggéré la procureure de la couronne.

Mais c'était surtout le coup de pied qui a été vicieux, selon elle. Il n'y a aucun doute que c'est le coup de pied qui a causé la mort de Weisineau. « Alors que la victime est au sol, où est l'attaque? Il n'était pas en position de légitime défense », avance Julie Lajoie.

Critères

Concernant la notion de légitime défense, le juge Louis Dionne a donné, lors de ses directives au jury, les quatre critères à considérer. Il doit y avoir une attaque. Il ne doit pas y avoir de provocation, d'intention de blesser ou tuer et d'utiliser plus de force que nécessaire pour se défendre.

La poursuite a rappelé que le rapport du pathologiste est sans équivoque et que les blessures correspondent en tout point à un coup de pied qui projette la tête sur l'asphalte. « Tous les témoins l'ont vu. Plusieurs l'ont qualifié de violent et ont entendu un toc. Un a dit qu'il y a eu un silence après. Il fallait que ça soit vraiment exceptionnel pour qu'il attire l'attention de toutes les personnes présentes », a-t-elle plaidé.

Pierre Gagnon a averti le jury de faire attention aux témoignages, car ils sont une interprétation de ce qui s'est passé alors qu'il faisait noir et qu'ils étaient tous en état d'ébriété. Il a souligné que le jury ne devait pas « se laisser distraire par les conséquences » des coups donnés par Mequish. « Il ne voulait pas que ces évènements malheureux et tragique se produisent », a-t-il rappelé en soulignant que le pathologiste avait dit, lors de son témoignage, que la chute de la victime sur l'asphalte pourrait aussi expliquer la fracture du crâne.

L'avocat de Mequish a conclu son plaidoyer en invitant le jury à considérer que Weizineau a pu se frapper la tête après l'altercation. « Il y a un trou d'information. On ne sait pas ce qui a pu se produire. Est-ce qu'il qu'il est tombé sur le plancher de la chambre? Ou à un autre moment entre les évènements et le moment de sa mort? Seulement ça, laisse une énorme place au doute raisonnable. »

Le récit des témoins jumelé aux conclusions du pathologiste ont fait dire à Julie Lajoie que « tous ces éléments sont des preuves hors de tout doute raisonnable que le coup de pied à la tête a causé la mort de Joé Weizineau. »

Reste maintenant à savoir combien de temps prendra le jury pour faire connaître son verdict.

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