Chachai est mort d'une fracture du crâne

Dave Mequish... (Archives Le Quotidien, Louis Potvin)

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Dave Mequish

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Louis Potvin
Le Quotidien

Joé Weizineau-Chachai est mort d'une hémorragie cérébrale causée par une fracture du crâne.

C'est la conclusion émise par le pathologiste judiciaire Yan Dazé, qui a témoigné hier au Palais de justice de Roberval au procès devant jury de Dave Mequish accusé d'homicide involontaire.

Le spécialiste a réalisé une autopsie le 2 octobre 2012 sur le corps de l'Attikamek de 24 ans. Son verdict est sans appel: la mort a été causée par un ou des coups violents à la tête provoquant un traumatisme sévère. La blessure mortelle a été constatée du côté droit. Le pathologiste a découvert une fracture de l'os temporal droit. De plus, un trait de fracture partant de cette zone descendait vers la mâchoire, signe de la force de l'impact. Dans le secteur de la fracture, un hématome s'est créé ce qui a causé des saignements au cerveau.

En plus de cette blessure fatale, le pathologiste a noté une abrasion et une contusion du côté gauche.

La procureure de la Couronne, Julie Lajoie, lui a demandé si un coup de pied de bas en haut pouvait expliquer ces deux blessures distinctes. «Oui! Si le coup a été donné alors que la tête se trouvait près ou sur le sol et qu'une pression s'est exercée à la tête comme si elle se retrouvait dans un étau. Ça correspond aux lésions constatées. Ça expliquerait les blessures des deux côtés», a-t-il donné comme expertise. Pour sa part, l'avocat de la défense Pierre Gagnon a voulu savoir si les blessures auraient pu être causées par un coup de poing reçu du côté gauche et de l'impact de la tête qui tombe sur le sol. Le pathologiste a indiqué que cette hypothèse pouvait être envisageable. Il a précisé qu'un simple coup de poing ne pouvait être mortel, mais une chute au sol oui.

Yan Dazé a indiqué qu'il est probable que des gens présents lors de l'altercation aient entendu un bruit comme une branche lors de la fracture, comme l'avait signalé un témoin.

Le spécialiste a expliqué que pour ce type de fracture du crâne, il arrive souvent que le blessé ne meure pas sur le coup. «C'est rare qu'il y ait mort immédiate. Il y a ce qu'on appelle un moment de survie qui représente le temps que le sang prend pour s'étendre pour comprimer le cerveau pour mener à une mort cérébrale», a-t-il expliqué.

D'ailleurs, la manière dont les premiers répondants ont découvert la victime corrobore ces faits. Les spasmes enregistrés sur les extrémités des bras alors que le corps est très raide sont un signe d'une mort cérébrale.

Finalement, le spécialiste a écarté que l'alcool où la drogue ait pu causer la mort de Weizineau-Chachai. Les tests toxicologiques démontrent une présence 75 milligrammes d'alcool prélevé dans l'hématome tandis qu'il n'y avait plus de trace d'alcool dans le reste du corps lors des prélèvements sanguins faits après sa mort. Pour ce qui est de la drogue, il y avait présence de méthamphétamine et des traces de cocaïne et de marijuana.

Comme seul témoin, l'avocat de la défense Pierre Gagnon a fait venir à la barre Dave Mequish. Il l'a questionné pour qu'il donne sa version des faits lors de l'altercation avec Weizineau-Chachai. Mequish a dit qu'il a donné deux coups de poing en réponse à un solide coup de coude asséné à son visage. «Ensuite, je l'ai poussé avec mon pied parce que je pensais qu'il voulait me battre encore», a-t-il témoigné.

C'est durant le contre-interrogatoire mené par la procureure de la Couronne Julie Lajoie que Mequish s'est effondré. C'est en le questionnant de manière plus serrée qu'il a craqué.

«Ce n'était plus un réflexe de pousser la tête avec le pied?», a-t-elle demandé. «Je ne crois pas. Il est tombé sûrement sur l'asphalte», a-t-il laissé tomber avant de regarder dans les airs et éclater en sanglot. Ça lui a pris près de cinq minutes avant de pouvoir poursuivre son interrogatoire.

Julie Lajoie a demandé: «Vous ne vouliez pas que monsieur Weizineau meure?». Mequish n'a pas vraiment répondu en disant que tout s'était passé très vite et qu'il était sur l'adrénaline.

C'est sur ce témoignage que le procès a été ajourné à lundi, le temps que les procureurs préparent leur plaidoirie.

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