Procès du chef Francis Vallée

Décision connue le 19 janvier

Francis Vallée est cité à procès pour une... ((Isabelle Tremblay))

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Francis Vallée est cité à procès pour une histoire d'agression sexuelle et de voies de fait contre une femme dans la vingtaine.

(Isabelle Tremblay)

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Accusé de voies de fait et d'agression sexuelle causant des lésions, le chef Francis Vallée devra attendre au 19 janvier 2016 avant de connaître son sort. Le procès de l'ancien restaurateur, qui vient d'ailleurs de déménager à nouveau au Lac-Saint-Jean, s'est clos, hier, au Palais de justice de Roberval.

Dans sa plaidoirie, l'avocat de Vallée, Me Francis Boucher, s'en est pris à la crédibilité de la présumée victime, dont le témoignage demeure la principale preuve au dossier.

«Son témoignage n'est pas crédible, pas vrai et non fiable», a lancé Me Boucher, sans détour, avant de faire une liste exhaustive des propos contradictoires et des nombreux oublis de la jeune femme qui prétend avoir reçu des «claques» sur son visage et ses seins. Des photos montrant des ecchymoses sur sa poitrine ont été déposées en cour, mais aucune preuve médicale n'a confirmé que les lésions ont bel et bien été causées par ces coups.

La représentante du ministère public a quant à elle rappelé qu'il était normal qu'un témoignage comporte des faiblesses.

«Il n'y a pas de témoin parfait. L'être humain, étant ce qu'il est, c'est impossible», a nuancé Me Amélie Savard.

Me Boucher a admis ce constat, mais à son avis, le témoignage de la jeune femme demeure trop invraisemblable.

«C'est vrai qu'il n'y a pas de témoin parfait. Il peut y avoir des accrocs dans les témoignages. Mais lorsqu'on a tous les accrocs, c'est là qu'on en vient à dire qu'il n'y a pas de crédibilité», a rétorqué Me Boucher.

La présumée victime ne se souvenait notamment pas de ce qu'elle avait mangé, qui avait payé le repas, des paroles qui ont été échangées et de la personne qui a pris la photo des ecchymoses sur ses seins. En cour, elle avait assuré qu'elle était habillée en blanc au moment des événements. Mais une preuve visuelle est venue démontrer qu'elle était vêtue de noir.

Les faits reprochés se seraient déroulés au restaurant Tout-À-Vallée, le 25 mai 2013. La jeune femme se trouvait sur place avec ses parents. Ces derniers ont quitté les lieux vers minuit, alors que la présumée victime est restée sur place pour faire la fête. Des rapprochements avec Francis Vallée ont eu lieu sur la piste de danse. Les deux ont ensuite monté au deuxième étage de l'établissement.

Selon la jeune femme, le chef lui aurait mis les mains dans les pantalons à deux reprises, alors qu'elle n'avait pas consenti. Il l'aurait ensuite frappée sur la poitrine. La jeune femme est sortie à l'extérieur pour fumer une cigarette. Vallée est allé la rejoindre et les deux se sont ensuite rendus à nouveau à l'intérieur. Il l'aurait une fois de plus frappée, selon les dires de la présumée victime, qui a avoué avoir consommé du cannabis en plus de nombreux verres d'alcool.

L'accusé ne se souvient de rien

Le chef cuisinier ne se souvient pas de la nuit du 25 mai 2013. Il s'est réveillé à 14 h, au lendemain de la fête arrosée, avec une blessure au visage et le grain de beauté de son dos arraché. Il a alors contacté son amie, la présumée victime, pour savoir comment c'était terminé la soirée et pour l'inviter du même coup à manger un hot-dog à Chambord. C'est du moins ce qu'a dit Francis Vallée, lorsqu'il a été rencontré par les policiers en 2013.

«Je n'ai jamais fait de mal à une femme de ma vie», a-t-il dit aux policiers, dans son premier témoignage qui a été lu en cour, hier matin.

Ce dernier aurait bu beaucoup d'alcool. Mais pour une raison qu'il n'explique pas, il a souffert d'une amnésie totale. Il aurait même pensé à faire un test sanguin à son réveil, étant donné son état. Il s'est réveillé nu dans son lit avec une blessure au visage. «J'ai pensé prendre une prise de sang», a-t-il raconté aux policiers. «J'ai connu pire comme lendemain de veille», a-t-il ajouté, croyant qu'il aurait pu être plus amoché physiquement étant donné qu'il ne se souvient plus de rien. Il n'a pas témoigné dans son procès.

Histoire inventée?

Pourquoi la présumée victime aurait-elle monté cette histoire de toutes pièces? La question a été légèrement effleurée par la défense, lorsque Me Boucher a laissé entendre que la femme en voulait à Vallée.

«Il s'est passé quelque chose qui n'a pas fait l'affaire de madame et elle l'avait sur le coeur», a exprimé Me Boucher, devant le juge, sans toutefois préciser sa pensée. Cette dernière aurait voulu se venger du chef, mais la raison n'a pas été évoquée. En entrevue avec Le Quotidien, Me Boucher n'a pas voulu s'étendre sur le sujet.

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