Fin de la saga du Walmart de Jonquière

Les travailleurs enfin indemnisés

Le Wal-Mart de Jonquière a été fermé en... (Photothèque Le Quotidien)

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Le Wal-Mart de Jonquière a été fermé en 2005.

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Les 155 anciens employés du marché à grande surface Walmart de Jonquière viennent finalement de tourner la page sur une longue saga de 10 années.

Tout au long de la journée de vendredi et encore ce matin, la présidente des Travailleurs unis de l'alimentation du Québec (TUAC), local 503, Louise Lefebvre, était bien heureuse de distribuer les chèques d'indemnisation aux travailleurs.

Cette étape survient après la décision de la Cour suprême, en 2014, de confirmer que la fermeture du magasin du boulevard René-Lévesque, à Jonquière, était injustifiée.

«Je peux vous dire que j'en vois des gens heureux. Ils ont tous un beau grand sourire dans le visage. On peut vraiment dire aujourd'hui que cette longue saga prend fin enfin», mentionne Mme Lefebvre.

«Il ne faut pas oublier que ce ne sont pas tous les anciens travailleurs qui étaient favorables à la syndicalisation. Certaines personnes ont craché sur le drapeau du syndicat.

Mais aujourd'hui, ces gens nous disent que si c'était à refaire, elles seraient les premières à signer les documents pour la syndicalisation», ajoute la présidente syndicale.

En effectuant un retour en arrière, il faut se souvenir que le géant américain avait ouvert un magasin tout neuf à Jonquière en 2001. Trois années plus tard, les travailleurs ont effectué les démarches de syndicalisation.

En 2005, prétextant des revenus insuffisants et des échecs dans la négociation d'un premier contrat de travail, Walmart annonçait la fermeture du magasin.

La décision a été contestée. L'arbitre du travail, Jean-Guy Ménard, avait décrété, en 2006, que la fermeture orchestrée par la multinationale après la syndicalisation des travailleurs était injustifiée.

Le géant américain avait alors porté la cause devant la Cour suprême et avait gagné cette première manche en 2009. Après avoir demandé en 2012 à réintégrer leur ancien emploi étant donné que la fermeture constituait une modification illégale des conditions de travail, les ex-travailleurs du Walmart de Jonquière ont réussi à être entendus une deuxième fois en Cour suprême.

Et en juin 2014, dans une décision à cinq contre deux, le juge Louis LeBel donnait raison à l'arbitre Jean-Guy Ménard, qui avait statué que la fermeture de l'entreprise dans le cadre de la négociation d'un contrat de travail avec un nouveau syndicat contrevenait à l'article 59 du Code du travail du Québec.

Une autre négociation s'est entreprise entre les dirigeants de Walmart et les TUAC afin de trouver un terrain d'entente afin de verses des indemnités aux 155 travailleurs touchés par cette fermeture.

Les chèques ont été remis. Les anciens employés de la multinationale ont signé des ententes de confidentialité à vie voulant qu'ils ne dévoileraient jamais les montants versés.

«Il nous est impossible de dire quoi que ce soit sur le montant des indemnités. Mais les gens ont l'air heureux.

Je voulais remettre les chèques moi-même aux membres du syndicat. Il est toujours agréable de voir les visages heureux des gens et de leur serrer la main», reprend la présidente du local 503 des TUAC.

«Après 10 années de bataille, on peut dire mission accomplie. Nous n'aurions pas été obligés de faire tout ça, mais en même temps ça fait partie de la mission d'un syndicat. Je peux vous dire que nous avons travaillé très fort dans cette bataille contre un géant», d'ajouter Mme Lefebvre.

Quelques anciens travailleurs se trouvaient sur les lieux et n'ont pas caché leur bonne humeur. Mais elles n'ont pas voulu dévoiler les détails de l'entente.

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