Six ans de pénitencier pour l'abbé Paul-André Harvey

Paul-André Harvey a fait une tentative de suicide... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Paul-André Harvey a fait une tentative de suicide en 2011 à l'époque de l'enquête policière. Il se retrouvera dans un pénitencier pour les agresseurs sexuels.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Le prêtre à la retraite Paul-André Harvey est envoyé à l'ombre pour les six prochaines années.

Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a rendu un jugement de 11 pages, vendredi matin, à l'ouverture de la séance de la salle 2,10 du Palais de justice de Chicoutimi.

L'ancien homme d'Église avait plaidé coupable à 77 chefs d'accusation d'attentats à la pudeur et d'agressions sexuelles entre les années 1963 et 1987.

Alors qu'il était d'office dans diverses paroisses du Diocèse de Chicoutimi, l'abbé Harvey, aujourd'hui âgé de 78 ans, a abusé de 39 petites fillettes alors âgées de 8 à 10 ans.

L'abbé a enregistré son plaidoyer de culpabilité le 16 juin 2015, exactement le jour du 53e anniversaire de son ordination remontant à 1962.

« Même s'il ne désirait pas devenir prêtre, cela ne l'autorisait pas à se livrer à des attouchements envers 39 jeunes filles. Il doit assumer les conséquences de ses gestes », écrit le juge.

Les premiers faits reprochés à Harvey commencent en 1963, moins d'une année après le début de sa prêtrise.

À l'époque, le prêtre s'est lié d'amitié avec plusieurs familles du diocèse. Bénéficiant du prestige de l'église, il se montre gentil, amusant et attentionné. Il participe à des fêtes familiales et rend des services. Cette proximité lui permet de s'approcher des fillettes.

Le stratagème développé par l'abbé Harvey consistait à trouver des prétextes pour attirer ses victimes au presbytère ou encore de se rendre aux domiciles des enfants.

Lorsqu'il lui arrivait de se trouver seul avec les victimes, il en profitait pour passer à l'action. Il mettait sa main dans les petites culottes des fillettes et faisait bouger un doigt.

L'abbé Harvey allait même jusqu'à asseoir les enfants sur lui et se masturbait avec les corps des victimes, qui sentaient son érection.

Certaines ont pu fuir cette situation, alors que d'autres sont demeurées figées.

À celles-ci, il leur demandait de garder le silence « pour ne pas faire de peine au petit Jésus. »

Quelques victimes ont alors préféré garder le silence, de peur d'être exclues des Jeannettes, une organisation dont il était le pasteur. D'autres ont dénoncé la situation à leurs parents. Certains n'ont pas cru les propos des victimes. Cela augmentait leur douleur. « C'était le pouvoir de la soutane », dit l'une d'elles, sachant que les parents vénéraient la religion.

Quelques parents ont avisé le prêtre de s'éloigner d'eux à tout jamais et d'autres ont dénoncé la situation à l'évêché. Les autorités de l'époque avaient pris la décision de le changer de paroisse, déménageant ainsi le problème.

Pour imposer sa sentence, le juge a tenu compte du plaidoyer de culpabilité (évitant un procès et les témoignages des victimes), des regrets sincères et de la culpabilité morale de l'accusé. Celui-ci n'a aucun antécédent judiciaire et n'a pas eu d'autres inculpations depuis 1987 et il représente un risque faible pour le futur.

Le juge a aussi parlé du nombre de victimes, de la durée des gestes, de la vulnérabilité des fillettes, de la position de confiance et d'autorité de l'accusé, de la planification des gestes et des conséquences lourdes et profondes des victimes.

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