Six ans de pénitencier pour un prêtre pédophile

Le prêtre à la retraite Paul-André Harvey écope d'une sentence de six ans de... (Rocket Lavoie)

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Rocket Lavoie

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(CHICOUTIMI) Le prêtre à la retraite Paul-André Harvey écope d'une sentence de six ans de pénitencier.

La décision a été rendue ce matin par le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec.

L'ancien homme d'église a plaidé coupable à 77 chefs d'accusation d'attentats à la pudeur, d'agressions sexuelles et de grossière indécence entre les années 1963 et 1987.

Alors qu'il était d'office dans diverses paroisses du Diocèse de Chicoutimi, l'abbé Harvey, aujourd'hui âgé de 78 ans, a abusé de 39 petites filles alors âgés de 8 à 10 ans.

L'abbé Harvey a plaidé coupable le 16 juin 2015, le jour du 53e anniversaire de son ordination.

Rien ne démontre que Harvey a abusé d'enfants avant d'entreprendre sa carrière religieuse.

Mais dès le début de son sacerdoce, le prêtre s'est lié d'amitié avec plusieurs familles du diocèse. Il a participé à des fêtes familiales.

Il lui arrivait de se trouver seul avec les victimes et il profitait de l'occasion pour abuser des enfants. Il plongeait sa main dans les petites culottes des fillettes et faisait bouger un doigt, a-t-on décrit lors du procès.

L'abbé Harvey allait même jusqu'à asseoir les enfants sur lui et se masturbait avec le corps des victimes, qui sentaient son érection.

Certaines ont pu fuir cette situation, alors que d'autres sont demeurées figées.

« Ne le dites à personne car vous allez faire de la peine au petit Jésus », leur disait Paul-André Harvey.

Les enfants ont dénoncé la situation à leurs parents. Certains n'ont pas cru les propos des victimes, d'autres ont dit de se taire, alors que quelques parents ont dénoncé la situation à l'évêché. L'évêché n'a fait que muter le prêtre d'une paroisse à une autre lors de ces dénonciations. 

Pour imposer sa sentence, le juge a tenu compte des facteurs atténuants du plaidoyer de culpabilité (évitant un procès et les témoignages des victimes), les regrets sincères et la culpabilité morale de l'accusé. Celui-ci n'a aucun antécédent judiciaire et n'a pas eu d'autres inculpations depuis 1987 et il représente un risque faible dans le futur.

Par contre, le juge retient comme facteurs aggravants le nombre de victimes (39), la durée des gestes (24 ans), la vulnérabilité des victimes, la position de confiance et d'autorité de l'accusé, la planification des gestes, les conséquences lourdes et profondes sur les victimes.

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