Comptes bancaires des aînés: intervenir peut être périlleux

Les institutions financières et la Fédération de l'âge d'or du Québec n'ont pas... (Photothèque La Presse)

Agrandir

Photothèque La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Les institutions financières et la Fédération de l'âge d'or du Québec n'ont pas de pouvoir pour vérifier les comptes de leur clientèle afin d'y déceler une fraude potentielle.

À la suite du reportage publié dans Le Quotidien de mardi matin sur un couple d'octogénaires floué de près de 70 000 $ par un « ami », le porte-parole de la Fédération des caisses populaires Desjardins, André Chapleau, et le directeur général du Réseau FADOQ, Patrice Saint-Pierre, avouent qu'il peut être périlleux de se mêler des affaires personnelles de la clientèle.

« Il est effectivement très délicat de poser des questions ou de s'interroger sur le fait que des clients sortent des montants d'argent qu'ils n'ont pas l'habitude de retirer. Nos caissières ne peuvent jouer les psychologues en plus de devoir faire leur travail », explique André Chapleau.

« La personne qui vient retirer son argent a le droit de le faire. Des caissières ont déjà posé des questions, car elles avaient des soupçons. Mais l'employée s'est fait dire, à mots couverts, de se mêler de ses affaires, que le client retirait son propre argent et qu'il pouvait en faire ce qu'il voulait », reprend M. Chapleau.

Ce dernier précise que les institutions financières ne peuvent rien contre les retraits au guichet automatique. Il n'est pas possible de rembourser un montant retiré du guichet lorsque la personne a volontairement remis la carte de débit et le numéro d'identification personnelle (NIP).

« Au comptoir, c'est autre chose. Nos employés ont des indications pour les aider à identifier des situations problématiques. Ils vont essayer d'échanger avec les personnes. Mais ça reste délicat. Malgré tout, nous demeurons le plus vigilants possible avec ces situations », indique le porte-parole de la Fédération des caisses populaires Desjardins.

À la FADOQ, Patrice Saint-Pierre comprend très bien la réticence des institutions financières de vouloir se mêler de trop près des transactions de leur clientèle du troisième âge.

« Il ne faut pas en faire une chasse aux sorcières, semer un doute dans l'esprit d'un client envers un proche ou un ami. Il ne faut pas oublier qu'il arrive encore aujourd'hui que des parents veuillent aider financièrement leurs enfants », note-t-il.

Sensibilisation

Patrice Saint-Pierre ne cache pas se retrouver devant des situations compliquées, mais qu'il lui est difficile sinon impossible de faire davantage que de donner des conseils.

« Nous recevons plusieurs appels de personnes âgées en détresse chaque année. Les gens nous parlent de leur situation. Nous leur donnons des conseils ou nous leur suggérons de porter plainte s'ils croient que la situation n'est pas claire. Il est difficile pour nous d'en faire davantage », dit-il.

« Souvent, les gens n'osent pas souvent porter plainte. Ils ont peur d'être ridiculisés ou ne veulent pas dénoncer un proche de la famille. Ce que nous faisons, c'est de la sensibilisation auprès des personnes âgées sur la fraude et le vol d'identité, notamment », poursuit M. Saint-Pierre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer