Elle tente d'ouvrir les veines de son enfant

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Palais de justice de Chicoutimi

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(CHICOUTIMI) Même si le fardeau incombait à la Couronne, une mère de famille n'a pu reprendre sa liberté. La femme, qui a tenté d'ouvrir les veines de son enfant de huit ans, représente un risque de récidive trop élevé.

Noël a beau se pointer le bout du nez dans quelques heures, le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, n'a pas fait la livraison de cadeaux au Palais de justice de Chicoutimi. Car il a d'abord et avant tout pensé à la sécurité de l'enfant dans cette histoire.

La femme de 34 ans de Terrebonne s'est retrouvée à Saguenay, le 14 décembre dernier, afin de rendre visite à son enfant. Sauf que les choses ont tourné au vinaigre au domicile de son ex-conjoint.

Selon la preuve fournie par Me Michaël Bourget, de la Couronne, la femme, qui a connu quelques périodes d'hospitalisation en raison de sa consommation de cannabis, de sa problématique d'agoraphobie et de son problème de trouble de la personnalité limite, se serait emportée. Elle aurait fracassé une fenêtre de la maison et utilisé un morceau de verre pour s'en prendre à son ancien conjoint et à l'enfant.

«Selon la version du père et de l'enfant, la dame a tenté d'ouvrir les veines de son enfant. C'est à ce moment que l'homme a pu la prendre à la gorge pour qu'elle cesse. Ensuite, les deux victimes se sont réfugiées dans la salle de bain en attendant l'arrivée des policiers. Heureusement, l'enfant n'a pas été blessé, mais a eu des marques sur les poignets ", a indiqué Me Bourget.

Le représentant du ministère public a aussi fait valoir qu'une évaluation psychiatrique a été réalisée sur l'accusée et que celle-ci est considérée comme responsable de ses actes.

Témoignage de la grand-mère

L'avocat de la dame, Me Olivier Théorêt a fait témoigner la mère de l'accusée. Celle-ci a fait preuve de beaucoup de franchise durant l'interrogatoire, notamment sur la consommation de cannabis de sa progéniture. Elle a aussi indiqué que sa fille ne ferait jamais de mal à son enfant, qu'elle considère comme la prunelle de ses yeux.

À une question de Me Bourget, en contre-interrogatoire, la témoin a précisé qu'elle ne pouvait interdire à sa fille de consommer des stupéfiants, étant donné qu'elle est majeure et vaccinée.

«Vous êtes au courant que votre fille consomme du cannabis? " a demandé la Couronne.

«Oui, je suis au courant. Elle peut fumer quatre ou cinq fois par jour ", a-t-elle répondu.

Malgré tout ça et malgré le fait que la femme s'engage à demeurer à Terrebonne et de ne pas se présenter à Saguenay (elle n'a pas de voiture), le juge Guimond n'a pas été en mesure de lui accorder sa remise en liberté.

«Je ne peux pas en raison de la gravité des gestes, de la probabilité d'une condamnation, du profil général de l'accusée, de l'âge de la victime, de la consommation de cannabis et de l'absence d'un plan thérapeutique, il serait très dangereux de vous remettre en liberté. Les garanties offertes sont insuffisantes ", de conclure le juge.

Le procès devrait se dérouler le 16 février.

Sbegin@lequotidien.com

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