2000 $ pour oublier l'accusation

Maxime Larouche s'est fait offrir un abandon des... (Rocket Lavoie)

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Maxime Larouche s'est fait offrir un abandon des accusations qui pesaient contre lui en échange de 2000 $ en argent.

Rocket Lavoie

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(CHICOUTIMI) Le policier de Saguenay Stéphane Laberge confirme avoir dit à Maxime Larouche de lui donner 2000 $ pour oublier son accusation de conduite avec les facultés affaiblies, mais dit l'avoir fait vraiment à la blague.

L'avocat en défense, Me Charles Cantin, demande un arrêt des procédures contre son client, prétextant le manque d'intégrité de la force constabulaire. Il prétend qu'il y a eu une tentative du fonctionnaire de monnayer une faveur à un accusé.

Le 14 septembre 2011, Larouche est arrêté pour ivresse au volant. Laberge agit comme technicien qualifié pour les tests d'ivressomètre. Les taux d'alcool dans le sang sont de .164 et de .154.

Plusieurs semaines plus tard, l'accusé rencontre le policier dans un bar et lui demande une solution pour se sauver de l'accusation de conduite avec les facultés affaiblies.

Hier après-midi, l'agent Laberge a rendu son témoignage devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec.

En train de fêter

«J'étais au bar chez Pappy avec des amis, dont une collègue policière. J'ai consommé beaucoup durant la soirée. M. Larouche m'a reconnu et est venu me voir. Nous avons discuté et il m'a demandé de quelle façon il pourrait se sortir de sa balloune. Je lui ai dit de me donner 2000 $. Mais je l'ai fait de façon sarcastique ", a raconté l'agent.

«Il est vrai aussi que je lui ai donné mon numéro de téléphone. Je le trouvais sympathique et je pensais me faire un nouvel ami. C'était la première fois que je faisais ça ", mentionne Laberge.

Croyant que tout avait été oublié, l'agent a eu une mauvaise surprise quelques jours avant le procès.

L'accusé a envoyé un texto pour lui demander si son offre de 2000 $ tenait toujours.

«Je lui ai répondu que c'était une blague. Je n'ai pas pensé qu'il avait pris le tout au sérieux ", a ajouté Stéphane Laberge.

En contre-interrogatoire, le témoin a admis que Maxime Larouche pouvait avoir pris l'offre au sérieux.

À la suite de ces événements, le policier a été arrêté et enquêté par des collègues de la Sécurité publique de Saguenay. Il dit avoir passé trois heures en interrogatoire et a dû répondre aux questions de trois de ses collègues.

«Vous avez donc été interrogé par vos propres collègues et jugé par des policiers du même corps de police ", a indiqué Me Cantin, dont le client se demande dans quelle mesure le système judiciaire pourra lui assurer une défense pleine et entière étant donné que le dossier a été enquêté par des agents du même service.

Au terme de l'interrogatoire, le policier a été suspendu trois mois avec solde (durée de l'enquête) et a subi une sanction disciplinaire de deux semaines sans solde. Il s'est senti jugé par ses pairs. Autre conséquence, il a vu son nom dans le journal (Le Quotidien) et a passé sa journée à se faire photographier et filmer au Palais de justice par les membres de la presse régionale.

«L'interrogatoire démontre que le policier a fait une offre de 2000 $ pour ne pas se présenter à la Cour. Ce sera au juge de déterminer s'il s'agissait d'une blague. Mon client l'a considérée très sérieusement ", a mentionné Me Cantin, qui demande le contenu de l'interrogatoire et les notes des policiers lors de la rencontre avec Stéphane Laberge.

L'audition de la requête se poursuivra le 17 décembre.

Sbegin@lequotidien.com

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