Mailloux reconnu coupable

Justin Mailloux de Normandin a été reconnu coupable d'agressions sexuelles,... (Louis Potvin)

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Louis Potvin
Le Quotidien

(ROBERVAL) Justin Mailloux de Normandin a été reconnu coupable d'agressions sexuelles, d'attentats à la pudeur et de grossières indécences, hier, au Palais de justice de Roberval.

L'homme a commis des actes à caractère sexuel sur huit victimes sur une période s'étalant de 1973 à 2010. Pendant la longue énumération des descriptions des délits sexuels qu'il a fait subir à ses victimes, l'audience a pris conscience de l'ampleur de ses gestes.

L'homme d'affaires bien connu à Normandin a reçu, impassible, le verdict du juge. À une seule fois, il a tourné la tête envers l'audience où l'on retrouvait des victimes, dont certaines en pleurs. Des victimes que nous ne pouvons identifier pour les protéger.

Le juge Michel Boudreault a prononcé un jugement sans équivoque. Il a reconnu coupable l'homme de 81 ans sur 12 chefs d'accusation. Il n'a jamais été convaincu par le témoignage de Mailloux. «Le Tribunal ne le croit pas; sa version ne soulève aucun doute raisonnable. Le témoignage de l'accusé n'est pas crédible et sa version des faits est tout à fait invraisemblable et, à certains égards, rocambolesque», a livré le juge.

Bien que Justin Mailloux ait reconnu ses gestes, en partie, son explication qu'il s'agissait d'éduquer et prévenir les victimes, n'a pas impressionné le juge Boudreault. «Contrairement à ce qu'il prétend, ce n'est pas qu'à titre préventif ou pour éduquer sexuellement qu'il baisse son pantalon, se masturbe et éjacule à l'endroit des victimes féminines pour leur démontrer concrètement que cette substance est bien différente de l'urine. Au contraire, il a agi dans l'intention d'attenter à la pudeur et à commettre des actes indécents», a jouté le magistrat.

Concernant le chef d'agression sexuelle sur un garçon, le juge Boudreault n'a pas retenu la défense de consentement. «Il y avait une situation d'exploitation et de domination à l'égard du plaignant. Je conclus que la preuve démontre hors de tout doute raisonnable l'exploitation par l'accusé, à son propre avantage, d'une inégalité écrasante qui invalide le consentement apparent du plaignant donné en raison de l'exercice abusif de l'autorité au sens du droit», lit-on dans le jugement.

Par ailleurs, Michel Boudreault a souligné que tous les témoignages des victimes étaient crédibles et fiables.

La procureure de la couronne, Me Amélie Savard, s'est montrée satisfaite du verdict. "Ça correspond à la qualité de la preuve présentée par le ministère public. Les témoignages des victimes étaient crédibles et celui de monsieur Mailloux comme le juge l'a mentionné était invraisemblable», a-t-elle commenté. Elle n'était pas en mesure de quantifier le nombre d'années qu'elle demanderait comme peine, mais pense qu'il s'agit d'un délit qui mérite plus de deux ans.

L'avocat de Mailloux, Me Denis Otis, n'a pas voulu commenter.

C'est le 18 février que Mailloux reviendra devant le juge pour connaître sa sentence. D'ici ce jour, un rapport présentenciel a été demandé ainsi qu'une évaluation sexologique. Il n'a pas incarcéré.

Lpotvin@lequotidien.com

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