L'accusé réclame une peine de pénitencier

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La suggestion de sentence de 90 jours à purger de façon discontinue faite par l'avocat de défense Me Herman Bédard «n'est pas appropriée», a indiqué le magistrat.

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(CHICOUTIMI) Le Jonquiérois Robert Bergeron veut aller au pénitencier pour avoir commis... cinq vols à l'étalage.

La demande ne provient pas de son avocat, ni même de la Couronne. C'est lui-même qui en fait la demande au juge.

L'homme de 54 ans, sans adresse fixe, s'est constitué prisonnier jeudi matin au Palais de justice de Chicoutimi. Un mandat d'arrestation du juge avait été lancé après que l'accusé eut fait défaut de se présenter en Cour.

À son arrivée du bloc cellulaire, Bergeron a d'abord plaidé coupable à trois vols à l'étalage d'un cellulaire chez Maxi (50$), d'une tablette électronique à la pharmacie (116,86$) et de trois bouteilles d'alcool à la SAQ (88,35$) qui ont été commis en décembre 2013 et en juin 2014.

Bergeron, qui possède un bon casier judiciaire, a ensuite avoué d'autres larcins au marché d'alimentation Maxi de Jonquière les 28 septembre, 2 et 3 octobre.

Il a subtilisé du matériel électronique, du matériel informatique et des batteries.

«Je reconnais tous ces vols. Je n'ai pas l'intention d'éterniser mes dossiers. Je plaide coupable à tout. Je veux aller au pénitencier», a-t-il d'abord lancé.

Interrogé sur la sentence à donner à Bergeron, l'avocat de la défense, Me Charles Cantin, a été clair.

«Je ne peux envisager une peine supérieure à six mois pour les crimes commis. Je crois même que quatre mois satisferaient les fins de la justice», a-t-il dit.

Même la représentante du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Nicol Ouellet, ne peut songer à une demande aussi sévère. «Je crois que la prison ferme s'impose, mais pas pour deux ans. Je suggère six mois et une probation.»

À la suite des courtes représentations, le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, y est allé de commentaires qui allaient dans le même sens.

«Il me serait très difficile d'accepter la demande de l'accusé, car ça va à l'encontre du Code criminel. Je ne vais donc pas y acquiescer», a lancé tout de go le magistrat.

Pas une première

Même si le juge Lortie n'a pas voulu aller de l'avant, il faut savoir qu'une sentence de pénitencier a déjà été remise à la demande d'un accusé.

L'affaire remonte à 1996 et l'accusé s'appelait... Robert Bergeron. Oui le même homme.

À l'époque, devant le juge Jean Simard, Me Laurent Bouchard (Couronne) et Me Charles Cantin (défense) avaient suggéré huit mois d'emprisonnement pour des vols à l'étalage et une voie de fait.

Sauf que Bergeron avait alors demandé une sentence de 30 mois. Il voulait notamment retrouver son frère dans une prison fédérale. Sa requête avait été acceptée.

«Ma réflexion est faite. Je n'ai pas ma place dans la société. Je ne veux pas ressortir, car je n'ai rien à faire dans ce monde-ci», a lancé Bergeron, qui a déjà reçu une sentence de travaux communautaires pour le vol d'une brique de 50 livres de fromage, mais aussi de pénitencier pour des vols qualifiés.

La décision finale du juge Lortie a été reportée à ce matin. Un rapport présentenciel devrait être demandé.

«Je pense que ça peut être une bonne affaire (rapport présentenciel). Ça pourrait m'aider dans mon cheminement personnel. Je sais que les gens veulent m'aider. Je vous remercie monsieur le juge», a conclu Bergeron avant de regagner les cellules.

Sbegin@lequotidien.com

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