Aveux devant le juge Boudreault

Gaudreault ne pouvait s'incriminer

Me Charles Cantin était très heureux d'obtenir une... ((Photo Michel Tremblay))

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Me Charles Cantin était très heureux d'obtenir une peine de prison en société pour son client Jean-François Gaudreault.

(Photo Michel Tremblay)

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Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Même s'il avoue fumer illégalement un joint de temps à autre et qu'il ne déclare pas tous ses revenus à l'aide sociale, Jean-François Gaudreault ne fera pas face à des accusations criminelles.

Gaudreault a été condamné, jeudi, à 18 mois de prison en société pour deux accusations d'introduction par effraction et de vols dans des commerces et d'une de voie de fait armé. Une sentence qui détonne avec les précédentes condamnations alors qu'il a écopé de prison ferme 13 fois en autant d'occasions.

Lors de son témoignage, Gaudreault a candidement avoué qu'il consommait toujours des drogues douces à l'occasion et qu'il faisait un peu d'argent au noir chaque mois, des éléments passibles d'accusations.

«Même s'il a fait des aveux en Cour, un accusé ne peut s'incriminer lui-même. La charte (des droits et libertés) est claire à ce sujet ", mentionne la représentante du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Mélanie Paré, lorsque questionnée sur le sujet.

L'avocat de Gaudreault, Me Charles Cantin, abonde dans le même sens. " L'article 13 de la Charte et l'article 5 de la Loi sur la preuve sont précis et clairs. La seule façon qu'il pourrait être accusé, c'est si mon client se parjure ", pense Me Cantin.

Au lendemain du prononcé de la sentence, plusieurs personnes s'interrogent sur les raisons du juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, d'imposer une peine en société à un multirécidiviste du vol et des introductions par effractions. Au cours de sa carrière de cambrioleur, Gaudreault a accumulé exclusivement des peines de prison fermes depuis 30 ans.

En date du 10 octobre 2014, Jean-Francois Gaudreault cumule 75 condamnations d'emprisonnement à son palmarès dans 13 différentes sentences de prison. Il s'agissait de sentences touchant plusieurs chefs d'accusation. Régulièrement, les peines étaient concurrentes entre elles.

Une demande d'appel de la décision est envisageable. La représentante de la Couronne ne cache pas qu'elle analyse la possibilité d'en appeler de la décision.

«Je vais demander la retranscription des notes sténographiques afin de bien analyser la décision du juge. Je verrai ensuite ", ajoute l'avocate de la Couronne.

Me Charles Cantin croit avoir démontré, lors de son plaidoyer sur la sentence, que son client était réhabilitable et qu'il n'avait pas enfreint la loi au cours des dernières années de sa liberté. Ces cinq dernières années constituent sa plus longue séquence en dehors des murs d'une prison de toute sa vie adulte.

«Je serais étonné que la Couronne aille en appel. La décision du juge Boudreault est blindée et il y a de la rigueur dans cette décision. Il faut se rappeler que la Couronne a indiqué qu'une sentence provinciale n'aurait pas été déraisonnable ", indique-t-il.

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