Déjoué par deux agents d'infiltration

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SB
Le Quotidien

(ALMA) Les agents d'infiltration, leur supérieur et les policiers de la Sûreté du Québec ont minutieusement orchestré leur plan pour inculper l'ancien avocat Jean-François Morency. Et cette procédure passait par Pierre Deschênes, celui qui avait soudoyé Morency quelques années auparavant pour se sauver d'une accusation de facultés affaiblies.

Durant une heure, les deux témoins du directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Jean-François Tessier, ont raconté ce qui s'était produit en 2008, lorsque la décision a été prise de lancer l'opération Denier afin d'incriminer l'ancien avocat de la Couronne.

Le patron des agents a fixé les objectifs de l'opération en février 2008. Le 20 février, les agents d'infiltration, J et S, devaient rencontrer Pierre Deschênes pour renouer un premier contact établi en août 2007 lors de l'opération Cabotin (réseau de trafiquants de stupéfiants).

Au cours des rencontres, Pierre Deschênes a offert un emploi de barmaid aux deux agents. Sans refuser l'offre, les deux personnes lui ont demandé du temps pour y penser, qu'elles avaient des choses à régler avant d'accepter.

Quelques semaines plus tard, les agents d'infiltration communiquent avec l'accusé pour lui dire qu'ils seraient dans la région le 2 avril. Une rencontre se tient le lendemain, un souper est pris et les deux parties conviennent de se revoir le vendredi 4 avril 2008.

Sauf que les choses ne tournent pas comme prévu pour l'un des agents. Le stratagème est mis en branle. Dans la nuit du 3 au 4 avril, un policier de la SQ, district du Lac-Saint-Jean Est, intercepte le véhicule conduit par l'un des agents et l'arrête pour conduite avec les facultés affaiblies.

Le scénario, monté de toutes pièces, démontre que le conducteur présente un taux de .140 milligrammes d'alcool par 100 millilitres de sang. Les agents et Deschênes se rencontrent le 4 avril et l'un des agents fait part de leur arrestation à Deschênes. Cette personne demande son aide, le suppliant de faire quelque chose. Sauf que l'accusé dit ne pouvoir rien faire, qu'il a déjà obtenu une faveur dans le passé, le genre que l'on ne peut obtenir deux fois dans une vie.

Face aux questions de Me Cantin, J confirme avoir pleuré à quelques reprises (des larmes de comédien? , demande Me Cantin) et s'être fâché après Deschênes, qui s'est dit désespéré et triste.

Après avoir refusé de faire quoi que ce soit à deux reprises, l'accusé accepte d'appeler Morency afin qu'il puisse aider un ami à lui. Un premier message est laissé à l'ancien avocat, avant que celui-ci et Deschênes ne se parlent au téléphone. Une rencontre est convenue pour le 7 avril au bureau de la Couronne.

Pierre Deschênes ne se rendra pas à cette rencontre, car il craint d'être identifié par les caméras du Palais de justice d'Alma, surtout que son histoire avec Morency est connue, mais qu'elle ne s'est pas publique.

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