Hakim aurait demandé «un service»

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Robert Hakim

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(CHICOUTIMI) Le fournisseur d'équipement de scène Serge Lachane a raconté hier au procès du promoteur Robert Hakim comment il a été contacté par ce dernier qui lui aurait demandé «un service».

Propriétaire de LSM Son & Lumière, Serge Lachance fait affaire depuis plus de 10 ans avec le promoteur culturel et il évalue sa clientèle à 100 000 $ en 2009.

Selon son témoignage devant le juge Jean Hudon de la Cour du Québec, Robert Hakim l'aurait rencontré en novembre 2009 et lui aurait demandé de produire une facture de 5000 $ et de l'envoyer au Festival international des rythmes du monde (FIRM) à titre d'extra pour l'été 2009. Hakim lui aurait annoncé qu'en retour, les Productions Robert Hakim (PRH) lui ferait parvenir une facture du même montant en alléguant des honoraires pour conseils prétendument fournis à LSM Son & Lumière.

«Et il n'y aura pas de problème», aurait prédit Robert Hakim.

- «Pourquoi avez-vous accepté de le faire?» a demandé au témoin le procureur de la Couronne, Me Sébastien Vallée.

- «Ça s'est fait vite. Je n'ai pas réfléchi», a répondu Serge Lachance qui a ajouté qu'il ne voulait pas frustrer un client.

«Le doute m'a amené à réfléchir. J'ai consulté des gens», a-t-il précisé. Il a aussi pris conseil auprès d'un avocat qui lui a recommandé de ne pas faire une telle chose.

Dès que sa décision de refuser fut prise, il a rencontré de nouveau Robert Hakim et lui a remis le chèque du FIRM. Il s'agit du chèque qui s'est retrouvé dans la comptabilité de PRH, déchiré et agrafé à une autre facture du même montant.

Le fournisseur de services a mentionné que Robert Hakim agissait pour quatre entreprises à cette époque: le Festival international des rythmes du monde, le Théâtre du Saguenay (Coopérative de développement culturel de Chicoutimi), le Cabaret l'Opéra et les Productions Robert Hakim.

Témoin principal de la Couronne, Serge Lachance sera contreinterrogé jeudi par l'avocat de la défense, Me Jean-Marc Fradette.

Jurisconsulte

Plus tôt dans la journée, le jurisconsulte Michel Hébert a déposé un rapport et témoigné sur les écritures comptables du FIRM et de PRH concernant deux factures identiques de 5643,75 $ et d'un chèque non encaissé et déchiré.

Selon l'expert, le fournisseur LSM Son & Lumière a servi de courroie de transmission pour faire circuler de l'argent (5643,75$) du Festival international des rythmes du monde (FIRM) vers les Productions Robert Hakim (PRH). «Cela n'a pas été fait parce que le chèque n'a pas été encaissé», a-t-il souligné.

L'expert a reçu de la Couronne le mandat d'examiner la facture # 15315 adressée par LSM au FIRM, le chèque # 1871 émis en retour par le FIRM à l'ordre de LSM et la facture #564, du même montant, préparée par PRH pour LSM. Il a aussi recherché le revenu de la facture #564 de PRH au registre comptable de PRH, mais n'a rien trouvé. Cette facture mentionnait sommairement des honoraires de conseils pour le spectacle ABBA Memories.

M. Hébert a longuement été questionné par l'avocat de la défense sur d'autres déboursés, du même montant, faits par le FIRM. Me Fradette a aussi relevé la présence d'un contrat d'une valeur de 30 000 $ entre le FIRM et LSM dont 25 000 $ avaient été payés quelques mois auparavant.

Témoin confus

Plus tôt, en matinée, l'ancien directeur administratif du FIRM, Claude Bilodeau, a invoqué les effets secondaires de médicaments pour expliquer les différences entre son témoignage confus et sa déclaration faite en septembre 2010 aux enquêteurs. Aucune date ou saison ne concordait. Son année d'embauche comme directeur administratif était erronée. Il croit avoir vu pour la première fois la facture litigieuse sur un fax le 22 septembre 2010 alors que tout suggère qu'il l'aurait vue précédemment en avril. Appelé à retrouver ce fax, il croit l'avoir remis aux enquêteurs qui n'en ont aucune trace. Claude Bilodeau a aussi reconnu avoir rédigé une lettre d'excuses envers Robert Hakim pour avoir prononcé des propos grossiers et diffamatoires à son endroit dans un bar, alors qu'il était sous l'influence de l'alcool. Devant le juge Hudon, il a nié les avoir prononcés et a affirmé avoir accepté de rédiger une lettre pour «acheter la paix».

Le temps file

Le premier procès pour tentative de fraude, fabrication et usage de faux pour un montant de 5643,75 $ a débuté lundi et est prévu se terminer vendredi. Deux jours avaient été prévus au départ. Deux autres ont été ajoutés. Le juge craint manquer de temps pour terminer cette semaine.

Un deuxième procès, de fraude, faux et usage de faux d'une valeur approximative de 70 000 $ au détriment de Théâtre du Saguenay et Patrimoine Canada, est prévu pour le printemps.

Slemelin@lequotidien.com

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