Le milicien blanchi de tout

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Sylvain Deschênes

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(CHICOUTIMI) Les sceptiques sont confondus. Le milicien Sylvain Deschênes, 32 ans, n'est pas l'homme recherché par l'Escouade régionale mixte pour avoir comploté et fait le trafic de diverses drogues et le recel d'argent de la vente de drogue.

Il a appris la bonne nouvelle jeudi après-midi après que les enquêteurs aient vérifié les alibis fournis par son avocate, Me Justine Guay-Langevin.

Sylvain Deschênes avait eu beau crier à l'erreur sur la personne quand son nom est apparu parmi les 22 coaccusés de l'opération Insuline, pratiquement personne ne le croyait.

L'opération Insuline a mobilisé de nombreux enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) pendant près de deux ans pour démanteler deux réseaux de distribution de drogues de Saguenay et Saint-Honoré.

Porte-parole de la SQ, Hélène Nepton avait même catégoriquement rejeté toute possibilité d'erreur sur la personne, le 6 décembre dernier, ce qui a obligé le militaire à se rendre à la police pour être arrêté le lendemain.

Il avait été remis en liberté sur caution de 2000$ comptant et de nombreuses conditions d'encadrement, dont la remise de son passeport, et une assignation à domicile à partir de 21 heures tous les soirs.

Suspendu

Les Forces armées canadiennes l'ont suspendu dès la nouvelle de son arrestation. Il n'était pas autorisé à retourner travailler avant de connaître l'issue des procédures.

Le milicien est aussi propriétaire d'une petite entreprise de gestion d'événements, Productions FLUO inc. qui adresse régulièrement des demandes de subventions pour réaliser ses projets. Il va de soi qu'un propriétaire d'entreprise gérée par un trafiquant n'a pas l'oreille des mécènes publics.

«Quand nous avons reçu la preuve de la Couronne, nous avons regardé chaque endroit où ils disaient que notre client était présent», a expliqué Me Guay-Langevin, qui a entrepris de vérifier les moindres déplacements de Sylvain Deschênes à la même époque.

«Dans un cas, il était vu au Faubourg Sagamie, mais nous avions plusieurs témoins fiables qui étaient avec lui à Québec. Les policiers l'avaient aussi identifié dans une transaction à Montréal, mais il était en compagnie de plusieurs personnes à... Ottawa.»

Il a fallu donner les coordonnées des témoins de l'alibi aux enquêteurs qui ont vérifié auprès de chaque personne et fourni une preuve documentaire. Ce travail accompli, les enquêteurs se seraient rendu compte qu'il ne s'agissait pas de la personne recherchée, selon l'avocate de la défense.

Poursuite?

Sylvain Deschênes n'a pas passé une nuit en détention préventive, mais il a subi de nombreux inconvénients à son travail et dans son environnement.

«M. Deschênes est soulagé, mais il est aussi découragé d'avoir été accusé aussi facilement. Il doit entreprendre des démarches auprès des Forces armées pour expliquer ce qui s'est passé. Pour le moment, il n'a pas encore récupéré sa caution, mais cela ne saurait tarder.»

L'avocate prévient que tous ces inconvénients et la façon de faire des autorités sont analysés afin de savoir s'il y a possibilité d'un recours pour dédommager le milicien. D'ici là, il refuse de faire un commentaire public.

Le patronyme du milicien se termine par un «s» alors que celui de l'individu qui était recherché n'en portait pas. Serait-ce le premier indice de l'énigme?

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