L'incendiaire serait schizophrène

La psychiatrie pourrait résoudre l'énigme de l'incendiaire Dominic  Gauthier,... (Photo Jeannot Lévesque)

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(Chicoutimi) La psychiatrie pourrait résoudre l'énigme de l'incendiaire Dominic Gauthier, qui purge actuellement une sentence de 10 ans de pénitencier pour avoir allumé une douzaine de feux en cinq jours et causé des dommages de plus de 8 millions de dollars.

Un psychiatre responsable de l'examen sommaire de Dominic Gauthier, au pénitencier Archambault, a découvert chez lui des traits qui laissent croire qu'il est schizophrène. Le prisonnier de 29 ans lui a été référé par l'établissement Drummond où un intervenant avait remarqué une absence de fonctionnement normal pendant une partie de la journée. Cette situation s'aggravant et n'étant pas traitée par une médication, la direction de Drummond a demandé une expertise sommaire en milieu carcéral spécialisé.

L'avocat Louis Bélliard représente l'incendiaire devant la Cour d'appel où il cherche à obtenir une réduction de la sentence.

À l'époque de la sentence rendue en avril 2011, le juge Rosaire Larouche de la Cour du Québec avait justifié une aussi lourde peine par l'absence de motifs connus pour allumer autant d'incendies en si peu de temps. Ni l'avocat de la défense, ni celui de la Couronne, ni le rapport policier ne pouvaient expliquer le comportement criminel de quelqu'un qui était pratiquement sans tache avant d'être arrêté.

Dominic Gauthier n'a jamais fourni aucune explication, ce qui faisait grandement craindre qu'il ne récidive à la première occasion. Devant une telle énigme, le magistrat avait opté pour la sécurité du public et prononcé la période d'incarcération la plus longue possible: «Les gens ont le droit de dormir en toute tranquillité sans être inquiétés de la possibilité de voir leur résidence, leur commerce et leur école de quartier détruits par un incendiaire errant la nuit avec pour seul objectif de trouver au hasard un endroit pour évacuer son mal de vivre comme s'il voulait transférer ses problèmes en s'en prenant au bonheur des autres et/ou à trouver un moyen pour mettre du piquant dans sa vie». Gauthier n'avait eu aucune réaction pendant les représentations, comme si on ne parlait pas de lui.

Responsable?

Me Louis Bélliard s'est adressé hier à la Cour du Québec pour obtenir une ordonnance d'évaluation psychiatrique de son client. Si l'évaluation confirme l'avis du psychiatre d'Archambault, Me Bélliard pourra adresser un argument de plus à la Cour d'appel pour réduire la peine de Gauthier et peut-être le confier au Tribunal administratif du Québec afin d'administrer son traitement médical et de déterminer la date et les conditions d'encadrement de son retour en société.

«Un diagnostic de schizophrénie ne changera rien à son statut de personne coupable, mais il peut grandement affecter la sentence avec de nouvelles informations portées à l'attention de la Cour d'appel», a commenté Me Bélliard à la sortie de la salle d'audition.

À l'époque des représentations sur sentence, l'évaluation psychiatrique de Gauthier avait été affectée par les complications d'une méningite qui avait nécessité deux hospitalisations et un drainage. Gauthier souffre aussi d'hydrocéphalie depuis sa naissance.

Un psychiatre de l'Institut universitaire en santé mentale de Québec n'avait pas évoqué de dépression majeure, mais la possibilité de troubles cognitifs à la suite de l'hydrocéphalie et aux nombreuses chirurgies associées. Tous les électro-encéphalogrammes étaient normaux. De nouveaux examens risquent de produire des résultats différents.

Incendies

En 2009, 301 familles d'élèves fréquentant l'école Le Roseau ont dû se réorganiser en catastrophe pour répartir les enfants dans plusieurs écoles pendant la durée des travaux de reconstruction. Des commerces et des résidences privées ont également été incendiés, de Shipshaw à La Baie, et des occupants ont été forcés de fuir leur maison à toute vitesse pour éviter la mort.

Gauthier n'a jamais éprouvé de remords ou de culpabilité au psychologue qui l'a examiné en 2011. Il ne manifestait aucune émotion envers les victimes. La psychologue l'avait décrit comme un type charmant et agréable ayant un discours cohérent.

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