Quinze mois pour des entrevues... tout nu

Gilles Poitras ne pourra plus demander aux chercheuses d'emploi de se... (Photos.com)

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Serge Lemelin
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Gilles Poitras ne pourra plus demander aux chercheuses d'emploi de se déshabiller pendant les entrevues qu'il menait à son domicile de Ferland-et-Boilleau. Il a été condamné, hier, à 15 mois de prison, dont la moitié (sept mois et demi) sont encore à purger, en raison du temps passé en détention depuis son arrestation, en juin 2012.

Le juge Jean Hudon lui impose aussi une ordonnance de probation d'une durée de trois ans, dont deux avec suivi, afin qu'il participe à une thérapie sur sa déviance sexuelle.

Le récidiviste de 57 ans publiait de petites annonces offrant des emplois de secrétaire ou de personnel de restauration. Quand les femmes se sont présentées, elles ont été surprises de le voir nu et de se faire demander de se déshabiller. Poitras prenait soin de fermer la porte de son domicile après que la candidate soit entrée. Il leur annonçait à ce moment qu'il projetait un camp de nudistes qui n'excluait pas les services sexuels et qu'il désirait mesurer leur ouverture d'esprit.

Le pervers a contesté les accusations dans un procès qui a duré trois jours, l'été dernier, et qui a mené à sa condamnation pour agression sexuelle sur deux femmes. Il a été acquitté des chefs concernant les deux autres plaignantes.

Le juge Hudon a accepté du bout des lèvres la suggestion commune de la procureure de la Couronne, Me Marie-Audrey Chassé, et de l'avocat de la défense, Me David-Alexandre Aubé. Il a tenu à informer le prédateur de son désaccord sur certains points traités par les deux avocats, notamment le risque moyen à élevé de récidive noté dans son évaluation sexologique.

Poitras n'a jamais exprimé de regrets sincères envers les victimes, dont plusieurs étaient dans la salle d'audience au moment de la décision du juge.

Le juge a haussé de deux à trois ans la durée de l'ordonnance de probation afin de laisser plus de temps au service de probation pour trouver une thérapie valide aux problèmes de Poitras.

L'avocat de la défense a indiqué à la sortie du tribunal que la recommandation s'inscrivait dans une fourchette de 12 à 18 mois, selon la gravité des gestes posés, et que sa consoeur de la Couronne avait fait la même lecture. Devant cette constatation, chaque avocat a fait un bout de chemin pour éviter des représentations différentes qui auraient justifié un nouveau débat devant le tribunal.

Poitras devra maintenir ses coordonnées à jour au Registre national des délinquants sexuels, sous peine d'une nouvelle accusation criminelle, et éviter tout contact avec les plaignantes. Il doit aussi fournir un échantillon d'ADN à la Banque nationale des données génétiques et renoncer à posséder une arme à feu pour le reste de ses jours.

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