C'est ce qui ressort des éléments de preuve présentés dans le cadre de l'enquête sur remise en liberté des frères Aimé-Claudien Bususuru et Christian Ndizeye, deux ressortissants rwandais qui ont aujourd'hui la citoyenne canadienne. Les deux individus, qui possèdent déjà une bonne feuille de route au tribunal de la jeunesse, ont été arrêtés par les policiers de Saguenay lors de cette opération. Leur présence sur la zone portuaire, toujours selon la preuve, a été révélée aux policiers par une source unique et identifiée comme étant un individu relié au monde interlope.
Le pistolet Glock .40 en question, qui était dans un sac avec des gants de caoutchouc lors de la perquisition, a été dérobé sur la rue Racine à Chicoutimi le soir du 4 juillet 2012. Il était alors entre les mains du revendeur Carl Pilote qui a eu la mauvaise idée de s'exhiber devant la vitrine d'un débit de boisson très populaire.
«Carl Pilote est un revendeur de cannabis de la rue Racine à Chicoutimi. Le soir du 4 juillet, vers 23 h, il marchait sur la rue. Il a décidé de s'arrêter devant le Pub Racine et de se mirer dans la vitrine pour vérifier son arme», a raconté le procureur de la Couronne au dossier, Me Michaël Bourget.
À ce moment, deux individus, dont un de race noire, sont sortis sur le trottoir pour discuter avec Pilote. L'individu de race noire a demandé à Pilote de lui montrer son arme et Pilote s'est exécuté en prenant bien soin de retirer le chargeur. C'est à ce moment précis que Pilote a été poussé au sol et que l'individu en possession de l'arme a pris la fuite à la course. Les recherches entreprises pour retrouver l'arme ont été vaines puisque l'information circulait déjà à l'effet que le pistolet avait été envoyé dans la métropole.
Samuel Leblanc-Blackburn est l'un des individus qui se sont adressé à Pilote sur la rue Racine et il a confirmé que le pistolet avait pris la direction de la métropole.
Le numéro de série qui apparaît sur l'arme à autorisation restreinte retrouvée dans la voiture fouillée sur la zone portuaire a permis de le relier à Carl Pilote. Cette affaire a évidemment servi la théorie des avocats de la défense Mes Charles Cantin et Dominic Bouchard qui ont voulu démontrer depuis le début de cette affaire que les deux frères n'ont rien de membres importants de gangs de rue.
Un autre élément intéressant a été révélé dans le cadre de cette enquête sur remise en liberté et concerne Cubahiro Bellard. Cet individu, qui a été remis en liberté sur engagement la semaine dernière, a déclaré aux policiers avoir senti la nécessité de se promener avec un pistolet Ekol Lady de calibre 9 mm dans sa ceinture pour se protéger des «putains de racistes du Saguenay». Ce dernier aurait senti cette menace en se rendant dans un dépanneur. Bellard, il faut le rappeler, a bénéficié du fait qu'il n'avait aucun antécédent judiciaire au moment de son arrestation.
Dans le cas des frères rwandais, la juge Micheline Paradis, de la Cour du Québec, doit déterminer si elle peut faire confiance à deux individus qui ont démontré, depuis qu'ils ont atteint 18 ans, qu'ils ont de la difficulté à respecter des engagements. La décision sera rendue en Cour du Québec à 14 h cet après-midi.
Il est important de préciser que les deux frères ne sont pas des jumeaux. Une erreur s'est glissée dans l'édition d'hier et laissait croire cette information.