Loraine Gosselin et Pierre Desbiens ne s'attendaient pas à vivre un retour de vacances aussi stressant. Lorsqu'ils sont entrés dans leur résidence du 1607 rue Gay Lussac, dans le quartier Sainte-Thérèse du secteur Arvida, dimanche en début d'après-midi, ils se sont retrouvés les deux pieds dans l'eau.
«Je pensais qu'on avait un dégât d'eau, raconte M. Desbiens, rencontré en fin d'après-midi par Le Quotidien. Je suis allé dans la cuisine et c'est là que j'ai vu que le robinet du lavabo était ouvert et que l'évier était bouché. C'est à ce moment qu'on s'est rendu compte que ce n'était pas un simple dégât d'eau. Ma femme est allée vers les chambres, a vu qu'il n'y avait plus de télévision dans le salon et a ensuite vu que les chambres avaient été mises à l'envers. On a réalisé que des voleurs étaient venus pendant notre absence.» Les vandales ont répété le même manège dans les deux salles de bain en brisant les réservoirs des toilettes qui coulaient sans s'arrêter.
Premier cas
Les policiers étaient déjà intervenus dans le secteur nord de Chicoutimi, samedi, sur la rue Vimont, pour constater l'ampleur de dégâts semblables. Sans pouvoir avancer que les saccageurs sont les mêmes dans les deux dossiers, les policiers constatent toutefois certaines similarités dans la façon d'agir.
Les employés du Groupe urgence sinistre (GUS) qui s'affairaient à nettoyer la maison de la rue Gay Lussac, hier après-midi, étaient intervenus sur les lieux du premier saccage en matinée. «Ils ont pris le boyau d'arrosage et ont arrosé les murs et les meubles de la maison, explique l'employé Sébastien Lalancette. Ensuite, ils ont laissé le boyau au centre de la maison et l'ont laissé couler. Il y avait de l'eau partout.»
Découragés
Les propriétaires de la résidence unifamiliale de la rue Gay Lussac étaient découragés de l'ampleur des travaux de rénovation à venir. «On venait tout juste de faire tout rénover à cause d'un dégât d'eau il y a trois mois, soupire Loraine Gosselin, qui ne comprend pas ce qui a pu motiver les voleurs à faire autant de dommages. Encore, s'ils n'étaient partis qu'avec des objets, sans faire tous ces dommages...» Le couple, qui revenait de son chalet de L'Anse-Saint-Jean, s'était assuré de faire surveiller la maison. Les voisins n'ont cependant rien vu ni entendu qui les a alertés. Les voleurs se sont introduits par une fenêtre arrière qu'ils ont réussi à ouvrir en arrachant le moustiquaire.
Les représentants de la compagnie d'assurance n'étaient pas encore venus évaluer les détails des dommages. Une bonne partie de la maison devra certainement être reconstruite. L'eau s'est infiltrée dans le plancher du premier étage, a fait tomber des pans du plafond du sous-sol. Plusieurs pouces d'eau étaient encore accumulés au sous-sol lors de notre passage.
Le couple n'avait pas encore déterminé tous les objets qui ont été volés dans la maison. «On sait qu'il y a la télévision, de l'argent, tous les bijoux de ma mère, de l'argenterie», énumère Mme Gosselin sommairement. Elle et son mari croient qu'un tel vol aurait pu être évité.
«Les voleurs sont certainement venus avec une automobile pour prendre autant de matériel, mentionne Loraine Gosselin. Depuis quelques années, la barrière de la route qui mène à l'usine d'épuration de Jonquière n'est jamais barrée. La route passe juste derrière chez nous. Les gens auraient pu venir quand même en VTT pour accéder à la ''trail'' qui n'est pas loin, mais ils ne seraient pas venus en voiture.» On pouvait clairement voir le chemin que les voleurs avaient tracé à l'arrière de la maison pendant leurs allées et venues.
La barrière était d'ailleurs toujours grande ouverte, dimanche après-midi. Sur le côté, un panneau indiquait clairement «Accès interdit barrière fermée de 16h30 à 7h30».
Enquête en cours
Les policiers mènent une enquête pour retracer les voleurs. «Notre service d'identité judiciaire s'est rendu sur les lieux et a recueilli plusieurs indices, explique le lieutenant-responsable de la Sécurité publique de Saguenay, Stéphane Pellerin. On voit rarement des individus commettre autant de dommages lors d'introductions par effraction.»o