Identification du corps

Les interrogatoires sont relancés

La Surêté du Québec confirme que les ossements... ((Archives))

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La Surêté du Québec confirme que les ossements retrouvés le 21 mai dernier à Shipshaw sont ceux de Jean-Philippe Savard, un jeune adulte disparu depuis le 14 avril 2006, alors qu'il avait été séquestré en compagnie de trois autres individus.

(Archives)

Serge Lemelin
Le Quotidien

(Chicoutimi) L'identification du corps de Jean-Philippe Savard retrouvé en mai dernier à Shipshaw six ans après sa disparition inexpliquée relance les interrogatoires de police.

Au cours des dernières semaines, des enquêteurs de police ont rencontré plusieurs personnes du milieu du crime organisé, dont deux résident dans des pénitenciers fédéraux et un troisième dans un centre de détention provincial.

Les enquêteurs ont maintenant un corps sous examen qui peut fournir des indices qui le relient à une arme et son possesseur.

Les enquêteurs s'intéressent aux armes à feu impliquées dans la commission de divers crimes ces dernières années et à celles qui ont été saisies.

Les expertises sont en cours pour tenter d'établir un lien entre un ou des suspects potentiels.

Drogue

Jean-Philippe Savard faisait partie d'un groupe indépendant de revendeurs de drogue qui prenait de l'expansion aux dépens du réseau appartenant aux concessions régionales octroyées par les Hells Angels du chapitre de Trois-Rivières.  De 2002 à 2005, les opérations Satchi, Corbeille et Gouape ont lessivé les concessions biens organisés des motards, démantelé le club local des Satan's Guards, envoyé en prison tous ses membres et leurs remplaçants.

Déstabilisée, l'organisation locale ne maintenait plus sa poigne de fer sur le marché régional de la drogue.  Plusieurs indépendants ont répondu à la demande des consommateurs et pris une plus grande part du marché, y compris dans le fief de Jonquière, ce qui était auparavant impensable.

Terreur

Au printemps 2006, un groupe de six personnes qui se réclament des Helles Angels de Trois-Rivières font la tournée des revendeurs indépendants et leur annoncent que la récréation est terminée et qu'ils sont mandatés pour mettre de l'ordre dans la place. Le choix qu'ils offrent est simple: l'indépendant tout donner son argent et sa drogue au groupe à titre de compensation et ensuite travailler pour lui; il peut aussi se retirer complètement du milieu après avoir rendu argent, drogue et listes de clients.

Les convocations sont impératives. Quand les revendeurs arrivent à la rencontre, ils sont molestés.  Une AK-47 et un fusil de calibre .12 sont sur place et une décision doit être prise par l'indépendant avant de quitter la pièce.

Certains ont eu tellement peur de mourir qu'ils ont porté plainte à la police.  De leurs témoignages, il est ressorti que Jean-Philippe Savard avait été un des plus opposés à obéir aux diktats des supposés émissaires des Hells Angels.  Il a été vu pour la dernière fois à la sortie d'un bar de Jonquière.  Toute trace de son activité humaine a aussi disparu à la même époque: transactions bancaires, téléphones, etc..

Condamnations

Du groupe des assaillants, plusieurs personnes ont plaidé coupable à des accusations de séquestration et écopé de sentences qui ont varié selon leur degré d'implication.

Les deux instigateurs de l'opération, Jonathan Ouellet et Benoît Larouche ont respectivement écopé de cinq ans et six ans de pénitencier, tandis que Serge St-Hilaire, Mario Larouche et Samuel Kerouac ont reçu des peines moindres.  Denis Perron avait échappé à l'accusation de complot et plaidé coupable à celle de complot pour l'équivalent de 13 mois de prison incluant une année de détention préventive.

Au cours de cette période, personne n'a été accusé de la séquestration de Jean-Philippe Savard.

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