Dans un texte de 20 pages, le juge Rosaire Larouche a livré la sentence, hier matin, au Palais de justice de Chicoutimi et est revenu sur les gestes reprochés à l'homme de 63 ans, qui se sont déroulés au début des années 80.
Durant toute la lecture, Thibeault n'a pas bronché. Il est demeuré assis sagement. À la toute fin, il s'est levé et s'est dirigé vers le bloc cellulaire, prenant le temps au passage de prendre la carte professionnelle de l'avocat Olivier Théorêt.
Dans son jugement, le juge n'a retenu qu'un facteur atténuant pour l'accusé, soit le fait d'avoir plaidé coupable en février dernier. Le magistrat a aussi parlé de l'âge de René Thibeault, ajoutant que cela ne constituait pas un facteur pour l'empêcher de donner une peine appropriée aux gestes commis.
Le juge a tenu compte du nombre de victimes (2), de l'âge de celles-ci, de la durée des attouchements sexuels (2 ans) et du nombre d'attouchements. Il a pris en compte le rapport de la sexologue Michelle Gagnon, qui dit que l'homme est habité de la problématique d'ordre sexuel et que même ses remords et ses excuses ne semblent pas sentis.
La sexologue affirme que l'accusé minimise les gestes posés, sa responsabilité et la fréquence. Elle estime qu'il n'est pas disposé à participer à une thérapie, même s'il dit qu'il voudrait en suivre une.
Elle souligne aussi que l'accusé fait preuve de peu d'empathie envers les victimes, notamment le fait qu'il a traité son fils de menteur et de manipulateur, qu'il avait tenté de le rabaisser et de le discréditer en utilisant notamment le terme de plaignant.
Pour sa part, le juge Larouche précise que l'analyse d'une plainte de ce genre n'est pas toujours facile à faire.
«Il est toujours difficile d'analyser des crimes remontant à 32 ans. Mais en même temps, cela démontre toute la douleur ressentie par les victimes. Son fils vit difficilement ce que son père lui a fait subir.
«Quant à l'accusé, il est indéniable que tout a été tourné vers lui-même. Sa principale préoccupation est son image, toujours son image. On ne peut éprouver de la compréhension quand il tient quasiment pour responsable ses enfants de ses propres agissements en les justifiant par le fait qu'il vérifiait si leur développement était normal. L'accusé s'est même dit être la victime d'un complot et d'une vengeance», a mentionné le juge Larouche.
René Thibeault reçoit donc une sentence de 12 mois pour agression sexuelle sur sa première victime et d'une peine de 18 mois consécutifs pour l'autre victime. Il devra aussi fournir une substance corporelle et être inscrit au registre des délinquants sexuels pour une période de 10 ans.