La poudre sera analysée par des experts de la Sûreté du Québec dans un laboratoire de la région. Rien ne laissait présager, pour le moment, que la poudre soit nocive. Néanmoins, les autorités ne prennent aucun risque dans de tels cas. Le colis reçu au bureau du ministre est le 24e lié à un vague d'envoies suspects depuis quelques jours au Québec. Dans les cas précédents, les enveloppes étaient remplies de bicarbonate de soude.
«Pour le moment, nous croyons que ce colis contient la même chose que les autres», a indiqué le porte-parole de la Sécurité publique de Saguenay, Bruno Cormier.
Des dizaines de policiers et autant de pompiers ont été dépêchés sur les lieux au coup de 9h30, hier en matinée. C'est une employée du bureau de ministre, Isabelle Potvin, qui a alerté les autorités après avoir ramassé le courrier. «C'était une enveloppe blanche adressée au ministre. Je me suis tout de suite posé des questions et j'ai appelé la police», raconte Isabelle Potvin.
Sa collègue, Janick Gagné, explique que les employés du bureau du ministre avaient reçu un message, hier, qui expliquait quoi faire en cas de colis suspects. «Il y en a eu plusieurs autres à travers la province ces derniers jours. Nous avons reçu une note du gouvernement pour nous y préparer, au cas où ça arriverait ici aussi», indique la conseillère en communications.
Les six employés qui étaient présents au 439 rue Albert, hier, ont aussitôt été évacués du bâtiment. Serge Simard n'était pas sur place. Il a évidemment été rejoint rapidement et informé de la situation.
Isabelle Potvin et Janick Gagné, qui ont été en contact direct avec l'enveloppe ont été mises en quarantaine durant quelques heures.
Une impressionnante opération s'est mise en branle dans le stationnement du bureau. Un large périmètre de sécurité a été érigé et un espace de décontamination a été aménagé. Des petites piscines, des boyaux et des cônes délimitaient la zone à ne pas traverser.
Les pompiers devaient se vêtir de tenues de protection avant de pénétrer dans l'immeuble, où l'enveloppe se trouvait toujours.
Vers 10h30, deux pompiers ont finalement pu pénétrer dans le bureau. Ils en sont ressortis quelques minutes plus tard, avec un sac contenant la poudre blanche et une table contaminée.
Immédiatement, les deux pompiers ont été désinfectés par leurs collègues avec des boyaux d'arrosage et des brosses savonneuses. Des dizaines de curieux regardaient la scène, impressionnés.
Les deux dames qui ont été en contact avec l'enveloppe semblaient inquiètes. «C'est stressant, je ne me sens pas très bien. On ne sait pas comment réagir avec ce genre de situation. J'ai appelé la police sans tarder», a indiqué Isabelle Potvin, chamboulée.
Enquête
Un enquêteur de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) a été appelé sur place. Bruno Cormier a indiqué que le corps de police municipale était en étroite collaboration avec les policiers de la province.
«Nous sommes à déterminer si ce colis a un lien avec les autres reçus ailleurs. Évidemment, c'est encore sous enquête et on ne peut pas en dire davantage», a indiqué M. Cormier.
«On se doute que la poudre est inoffensive. Mais il est primordial de suivre les procédures d'urgence pour ne pas mettre la vie de personne en danger», mentionne Bruno Cormier.
Les deux dames qui ont touché l'enveloppe ont pu retourner chez elles sur l'heure du midi. La situation était de retour à la normale quelques heures après l'événement.
Selon les pompiers et les policiers rencontrés sur place, il y avait eu belle lurette qu'un colis suspect avait été livré dans la région.
«Ça remonte à la vague d'anthrax, il y a une bonne dizaine d'années», a indiqué Bruno Cormier.