Des coups de feu pour un triangle amoureux

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Plusieurs enquêteurs en scène de crime s'affairaient à... (Photo Rocket Lavoie)

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Plusieurs enquêteurs en scène de crime s'affairaient à reconstituer les événements.

Photo Rocket Lavoie

 

Myriam Gauthier
Le Quotidien

(JONQUIÈRE) Cinq personnes dans la vingtaine ont été arrêtées pour tentative de meurtre et pour avoir tiré des coups de feu sur les occupants d'un véhicule, hier en avant-midi, à la suite d'une altercation survenue sur la rue Saint-Pierre, à Jonquière. Un triangle amoureux serait à l'origine de la querelle.

Les policiers sont intervenus à l'appartement du 3909 rue Saint-Pierre, près de la rue Saint-Dominique, vers 10h10 après que plusieurs coups de feu aient été tirés en direction des occupants d'une minifourgonnette. Le véhicule était immobilisé au centre de la chaussée en face du bâtiment lorsque des projectiles tirés du deuxième étage ont fracassé la vitre du côté passager. Les deux hommes qui prenaient place dans le véhicule n'ont pas été blessés.

Selon les témoins rencontrés sur les lieux de l'événement, les passagers du véhicule auraient menacé et insulté un jeune homme de l'appartement au sujet d'une histoire de coeur. Le locataire de l'appartement inférieur, Stéphane Turcotte, a assisté à la scène peu avant de quitter pour son travail. Il savait depuis longtemps que des tensions existaient entre un locataire du 3909 et un autre jeune homme du même âge.

«Le garçon d'en haut a sorti avec une fille pendant deux mois; ils se sont laissés et la fille a sorti pendant un moment avec un autre gars, avant de revenir avec son premier chum, raconte-t-il. Depuis, l'autre ne cesse de les suivre pour les intimider et lui a même cassé la gueule cette semaine au terminus d'autobus.»

Intimidation?

Le jeune homme serait donc revenu en voiture devant le logement pour poursuivre son chantage, jeudi matin, en compagnie d'un criminel au lourd passé judiciaire bien connu du voisinage. «Le petit gars en haut, il a eu peur, il a paniqué et il a pris son gun à plomb pour tirer sur la voiture», ajoute M. Turcotte. Selon nos informations, le jeune homme qui aurait tiré souffrirait de problèmes de santé mentale.

Le fier-à-bras serait alors descendu de la minifourgonnette en furie avant de défoncer la porte du logement de Stéphane Turcotte pour accéder à l'étage supérieur. «Je l'ai laissé s'énerver et les policiers sont arrivés pas longtemps après», rapporte-t-il.

Les autres locataires de l'immeuble ont alors vu le supposé criminel, connu pour la vente de drogue, continuer sa scène dans la rue. «Il était gelé ben raide, criait et montrait ses fesses dans la rue pendant que les policiers lui parlaient», rapporte l'un d'entre eux, qui a filmé les événements.

Le porte-parole de la Sécurité publique de Saguenay, Jean Boily, n'a toutefois pas été en mesure de confirmer ces informations. Les deux occupants de la voiture n'ont pas été arrêtés. Peu après leur arrivée, les policiers ont procédé à l'arrestation de quatre hommes et d'une femme qui se trouvaient dans l'appartement duquel ont été tirés les coups de feu.

Ils comparaîtront ce matin au Palais de justice de Chicoutimi. Les cinq individus devront répondre à des accusations de tentative de meurtre et de voies de fait armées en plus d'être accusés d'avoir déchargé une arme à feu. Les policiers ont aussi saisi quelques armes dont le calibre n'a pu être divulgué.

Enquête

Plusieurs enquêteurs en scène de crime accompagnés d'un technicien ont passé une bonne partie de la journée sur les lieux de l'altercation pour déterminer les circonstances des événements. Ils s'affairaient à rencontrer les témoins et attendaient d'obtenir un mandat de perquisition pour fouiller l'appartement des accusés en après-midi.

«Les policiers veulent voir s'ils peuvent peut-être y trouver des stupéfiants ou d'autres armes», explique Jean Boily. Selon les voisins rencontrés par Le Quotidien, les policiers auraient déjà visité l'appartement à quelques reprises dans la dernière année pour des affaires de drogue.

Une résidente de la rue Saint-Pierre a d'ailleurs décrit les jeunes du 3909 comme étant un «mauvais voisinage». «Ils sont bruyants et il y a toujours de la drogue dans cet appartement», raconte la dame, qui préférait éviter tout contact avec eux. «L'été dernier, ils tiraient sur des oiseaux dans la cour du bloc, et mercredi, je les ai encore entendus tirer. On m'a dit qu'ils déménageaient en juillet, et j'ai hâte qu'ils partent», lance-t-elle.

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