Nick Laflamme de Jonquière et Sébastien Leblanc de Grandes-Bergeronnes ont été respectivement condamnés à des peines de deux ans moins un jour et 18 mois de prison dans la collectivité.
Pendant toute la durée de leur sentence, ils devront rentrer chez eux à 21h, faire abstinence d'alcool et de drogue et ne pas être en contact avec des gens qui ont des dossiers judiciaires ou sont devant les tribunaux.
L'opération policière Pastille a visé deux réseaux locaux du Haut-du-Lac et un troisième à Jonquière.
À l'origine, les enquêteurs visaient cinq présumées têtes dirigeantes des réseaux qui s'approvisionnaient autant chez les motards criminalisés qu'auprès de la Mafia italienne, à Montréal.
Laflamme et Leblanc ne faisaient pas partie des têtes dirigeantes et ils ont été attrapés grâce à l'écoute électronique de leurs conversations avec les personnes ciblées. Chacun a passé une commande auprès de son fournisseur.
Pastille a nécessité 18 mois d'enquête, 29 mandats d'écoute électronique, 264 surveillances physiques, 200 observations et 119 mandats de toutes sortes.
Au Jour J, des dizaines de policiers ont débarqué aux domiciles d'une quarantaine de personnes et procédé au démantèlement des réseaux. Ironie de la situation, l'opération s'est déroulée pendant le procès des cinq de l'Opération Cabotin qui avaient été arrêtés antérieurement pour des motifs semblables.
Laflamme
Nick Laflamme avait été remis en liberté le jour même de la rafle policière, ces derniers estimant qu'il faisait partie du menu fretin de l'organisation, malgré les quantités relativement importantes de drogue saisie chez lui. En 2010 et jusqu'au printemps 2011, il faisait le trafic de méthamphétamine (d'où le nom choisi pour désigner l'opération policière) et de cannabis. Lui et sa conjointe ont été écoutés en train de passer des commandes de drogue avec des codes peu subtils.
Pendant que la Sûreté du Québec les guettait, la Sécurité publique de Saguenay enquêtait de son côté et procédait en février 2010 à la saisie de 423 grammes de marijuana, 32 comprimés de méthamphétamine, 1090$ ainsi qu'une balance et une liste de comptabilité incluant les clients.
Le rapport présentenciel de Laflamme indique qu'il n'était nullement un consommateur de drogue. Il a cru flairer la bonne affaire alors qu'il éprouvait des difficultés financières, ce qui explique pourquoi il s'est engagé dans l'équipe des revendeurs d'une des têtes dirigeantes.
Leblanc
Sébastien Leblanc avait eu connaissance qu'une personne de Jonquière pouvait l'approvisionner en marijuana pour desservir son secteur de la Haute-Côte-Nord. Avec ses sachets, il n'avait qu'à s'approcher de la base de plein air pour que les clients intéressés s'approchent de lui et achètent sa marchandise.
Le 19 juillet 2010, une des têtes dirigeantes parle à un de ses revendeurs en gros et l'informe que Leblanc a besoin d'un demi-kilogramme de marijuana. Les policiers se préparent et interceptent Leblanc à son retour chez lui, avec 622 grammes de marijuana, approximativement la même quantité que celle commandée pour lui au téléphone. En prime, il transporte 200 comprimés de méthamphétamines pour un autre petit revendeur de sa localité.
Son rapport présentenciel a aussi été favorable à une sentence dans la communauté. Il travaille à temps plein dans une entreprise de Sacré-Coeur et a quitté le milieu. Il avait un antécédent de conduite avec les facultés affaiblies en 2007, mais aucune condamnation reliée à la drogue.
La juge Pierre Lortie a accepté la durée de la sentence de prison proposée par le représentant du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Sébastien Vallée, tout en accordant aux avocats de la défense, Me Gitane Smith, de l'Aide juridique, et Me Jean-Claude Ouellet, leur demande que soit purgée la sentence dans la collectivité.
Pastille a permis de saisir 74 000$, 2168 grammes de cocaïne, 2240 grammes de marijuana, 585 grammes de hachisch, 25 grammes de champignons magiques et 7075 comprimés de méthamphétamine.
Plusieurs coaccusés sont en attente de procès. Une dizaine d'entre eux ont choisi de régler.