Il est détenu depuis deux semaines après une troisième série de délits commis en 2011 et 2012 sous l'effet de l'alcool. En liberté sur engagement de ne pas consommer, il était saoul dans un bar où le personnel lui a offert un billet de 20$ pour qu'il aille ailleurs et cesse de déranger les clients.
Le récit dans Le Quotidien du 4 avril des plus récentes frasques de Pascal Nepton a ravivé de mauvais souvenirs dans la mémoire d'Audrey Thibeault, sa victime qui avait passé un peu plus d'une semaine dans le coma au printemps 1999 et récupéré d'un traumatisme crânien qui a ralenti ses études. Si elle affirme aujourd'hui être complètement rétablie, mis à part des cicatrices importantes et un déplacement de la mâchoire, elle se rappelle de ses trois années de traitement et de suivi médical par toute une équipe de professionnels.
Aujourd'hui, la jeune femme a surmonté des difficultés qui en auraient emporté plus d'une et elle fait carrière dans le domaine de l'assurance collective. La vie de Karl Bouchard est passée dans la triste colonne des pertes par la faute de Nepton qui a continué d'agir comme une nuisance pendant toutes ces années.
«Une peine sévère?»
«C'est incroyable! Quand il nous a frappés, il avait déjà un dossier vraiment épais et c'est pour cela qu'il a ''pogné'' huit ans. On nous disait que huit ans, c'est une peine sévère, mais dans le fond, c'est sûr que ça a pris un gros dossier pour le condamner à ça», analyse la femme qui se désole que celui qui a tant affecté sa vie continue comme si de rien n'était à consommer malgré les interdits du tribunal.
«On arrivait d'une soirée chez des amis et mon chum était sérieux: jamais il ne buvait au volant, même s'il n'y avait pas de lois comme aujourd'hui (zéro alcool pour les conducteurs de moins de 21 ans, depuis le 15 avril 2012). C'était quelqu'un d'ultra responsable qui a perdu la vie pour cet espèce de phénomène-là qui est clairement un danger pour la société.»
Nepton suivi
Tout au long de l'incarcération de Nepton, elle a reçu de la Commission nationale de libérations conditionnelles les procès-verbaux de ses demandes de libération. Durant les premières années, elle était incapable d'en prendre connaissance. Quand elle les a lus, elle s'est rendu compte que la pensée de Nepton n'avait pas évolué.
Puis, un rapport final lui a annoncé la libération d'office du détenu après avoir purgé les deux tiers de sa sentence.
Il y a deux semaines, on l'a informée des trois dossiers récents de harcèlement et de bris d'engagements de Nepton qui avait été remis en liberté à chaque fois, sauf la dernière où le juge Pierre Lortie de la Cour du Québec a décidé de le garder en détention.
Au cours de cette audition, Nepton avait affirmé sans gêne qu'il s'améliorait avec le temps et qu'il recevait des félicitations de la part des agents correctionnels pour l'abaissement de son niveau d'agressivité.
«Il déroge autant qu'il a dérogé dans le temps et sa relation avec l'alcool n'a pas changé, pas du tout!», constate Audrey Thibeault.
«Quand j'ai su qu'il voulait être mis en liberté (une troisième fois en un an avant procès) pour conserver un emploi qui lui donnait «plus de chance avec les filles», ça m'a levé le coeur!»
Audrey Thibeault s'est souvenu qu'un procès-verbal de la CNLC avait reproché à Nepton de ne pas participer à des thérapies. Nepton avait répliqué qu'il s'était engagé à en suivre une parce qu'il appréciait le physique de la thérapeute et que c'était une occasion de la voir plus souvent.
Pascal Nepton doit revenir sous peu devant le tribunal pour régler ses trois derniers dossiers.