«Chaque année, les vaches s'empilent, été comme hiver», raconte un voisin de l'élevage de bovins de Florent Côté, situé au 60 route de Chambord, à Saint-André-du-Lac-Saint-Jean. L'individu, qui désire garder l'anonymat, en a long à raconter sur ce que son voisin lui fait endurer depuis plusieurs années.
Rappelons que le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) mène présentement une enquête sur les installations et les bêtes de Florent Côté à Larouche.
Samedi soir dernier, les policiers se sont rendus à son étable, située près du 1293 route Dorval, à la suite d'une plainte, et y ont découvert les carcasses congelées de huit agneaux et de deux brebis. Florent Côté possède des terres à Laterrière, à Saint-André, à Sainte-Jeanne-d'Arc et à Larouche.
«Il ne s'occupe pas de ses animaux, ajoute le voisin. Il laisse les vaches mourir dans ses champs à petit feu. Une fois, j'ai vu onze vaches empilées devant sa grange. On a même été obligés appeler la Sûreté du Québec pour un cheval qui était en train de mourir sur le bord de la route. Ils ont été obligés de faire venir un vétérinaire pour l'euthanasier.»
Ce voisin a même porté plainte au MAPAQ la semaine dernière, à bout de voir des carcasses s'empiler devant la grange dans les dernières semaines. «Avec le soleil, ça commençait à puer. Le MAPAQ est venu lundi sur la ferme. Ils ont ramassé les vaches et ont dit qu'ils allaient débuter une enquête», raconte celui qui a été plusieurs fois en Cour contre Florent Côté et qui n'en est pas à sa première plainte portée au MAPAQ.
L'été, les odeurs nauséabondes se répandent à la ronde dans le secteur. «Quand les touristes passent chez nous, ils se plaignent que ça ne sent pas bon, explique un autre résident de Saint-André-du-Lac-Saint-Jean. Il ne ramasse rien à sa ferme, c'est l'enfer. Il ne s'occupe pas de ses animaux. Ça pue, et les bêtes font vraiment pitié.»
Rang Saint-Paul
Les voisins de l'étable de Florent Côté, à Laterrière, au 2934 rang Saint-Paul, vivent la même situation. Plusieurs d'entre eux voient chaque printemps les carcasses s'accumuler près de la grange.
«Chaque fois que les vaches vêlent, on se ramasse avec une pile de vaches et de veaux morts, raconte un voisin. Les carcasses restent là une couple de semaines. Les vaches gonflent au soleil et les corbeaux et les pigeons picossent après. Ça sent vraiment mauvais.»
Selon les dires des voisins, Florent Côté dit manquer de temps pour se débarrasser des carcasses et nettoyer son terrain. «C'est un vrai dépotoir, ajoute le voisin. Il y a des automobiles et des tracteurs abandonnés en arrière de la ferme et de la ferraille.»
L'agriculteur aurait aussi l'habitude de faire brûler les sacs de plastique qui recouvrent les ballots de foin des vaches, pour éviter un voyage au dépotoir, ce qui ajoute aux mauvaises odeurs qu'endurent déjà les voisins.