Boies était considéré comme un témoin important de la défense. Il est décédé en septembre dernier. C'est cet homme qui avait mené les policiers à l'arrestation de David Claveau, principal suspect dans cette affaire.
Depuis l'été dernier, Boies était le troisième voisin de Gilbert Siméon. Siméon, qui est actuellement en prison, a été appelé à témoigner pour la défense de David Claveau, hier après-midi, au 4e jour du procès. L'avocat de ce dernier a tenu un voire-dire dans lequel les propos du témoin ont été relatés.
Pendant son témoignage, il a raconté qu'il côtoyait Benoît Boies pour boire de la bière, parler et écouter des films. Les deux hommes s'étaient connus en 2006 dans une maison de transition.
Selon lui, Benoît Boies était malheureux, car il ne pouvait plus voir sa famille et ses enfants. Il ne pouvait pas consommer d'alcool, mais il en prenait quand même.
Tête mise à prix
Dans les jours qui ont précédé ses aveux, soit le 20 août dernier, Benoît Boies aurait dit à Gilbert Siméon qu'une personne l'intimidait et qu'il avait peur. Il faisait alors allusion à David Claveau.
Boies lui aurait demandé de le tuer en échange d'une somme de 400 $. « Il a dit, ça te tenterais-tu de faire quelque chose pour moi? Il voulait l'éliminer et le percer avec un couteau «, a relaté l'homme de 26 ans, qui a plusieurs antécédents judiciaires.
Le témoin a ensuite expliqué que Boies avait remonté son prix à 600 $, quelques jours plus tard. C'était le 24 août dernier. « Il m'a dit qu'il voulait que je fasse ça. Je ne voulais pas embarquer dans son bateau. Il m'a ensuite dit que c'était lui qui avait mis le feu «, a poursuivi Siméon, qui a qualifié l'idée du meurtre de « stupide «.
Dans la semaine du 20 août 2011, Siméon raconte avoir pris « une brosse d'une semaine « avec Benoît Boies. Siméon a été arrêté le 25 août dernier relativement à une histoire de violence et d'agression sexuelles à l'endroit de son ex-conjointe.
Il a mentionné au juge qu'il n'avait pas voulu rapporter à la police la teneur des propos qui lui avaient été faits par son 3e voisin. « Ça ne me tentait pas de faire un autre papier pour ça «, a-t-il mentionné lors de son contre-interrogatoire. De plus, il pensait que les autorités ne prendraient pas sa déclaration au sérieux, compte tenu de son dossier criminel.
C'est finalement en prison, il y a 4 mois, que Siméon a confié à David Claveau qu'il savait des choses. Le présumé incendiaire a alors contacté son avocat pour lui faire part de ces informations.
Crédibilité du témoin
La procureure de la Couronne, Me Amélie Savard, a affirmé qu'elle n'accordait aucune crédibilité aux déclarations du prisonnier.
Le juge Pierre Simard rendra sa décision ce matin, à savoir si les éléments tenus à l'intérieur du voire-dire sont admissibles en preuve.
(La suite dans la version papier du Quotidien)