Le noeud gordien du conflit résidait dans la volonté du syndicat d'obtenir un plancher d'emplois afin de contrer le phénomène de la sous-traitance à l'aluminerie.
C'est tard dans la nuit de samedi à dimanche que les termes de l'entente de principe ont été acceptés de part et d'autre.
Le règlement devrait maintenant être entériné par les syndiqués Métallos au cours de la semaine, à une date qui n'a toujours pas été déterminée. La journée de jeudi semble présentement la plus plausible. Les lock-outés devraient alors assister à une rencontre de plusieurs heures, au cours de laquelle leur exécutif dressera un portrait exhaustif des dernières négociations.
Le nouveau projet de convention collective y sera également présenté dans ses moindres détails.
D'ici la rencontre, la ligne de piquetage sera maintenue.
La vingtaine de travailleurs qui étaient réunis devant le local syndical, lundi après-midi, ont refusé de commenter l'annonce, préférant attendre que le projet de convention leur soit dévoilé dans son ensemble.
Au cours d'un bref entretien téléphonique, le président de l'unité locale des Métallos d'Alma, Marc Maltais, s'est dit heureux de ce règlement, qui sera présenté à ses membres en assemblée générale. À l'instar de ses membres, le représentant syndical n'entend faire aucun commentaire d'ici là.
Protocole de retour
À moins d'un rejet de l'entente de principe par les syndiqués, le conflit de l'aluminerie d'Alma aura finalement duré six mois.
Pendant cette période, la compagnie a choisi d'opérer l'usine au tiers de sa capacité, grâce à son personnel cadre.
À deux reprises, les inspecteurs du ministère du Travail ont néanmoins déploré la présence de briseurs de grève à l'aluminerie.
Dans un communiqué émis lundi matin, la direction de Rio Tinto Alcan se dit satisfaite de l'entente et salue le travail accompli par le conciliateur Jean Poirier. On ne donne toutefois aucun détail quant aux éléments sur lesquels repose ce règlement.
Le temps nécessaire et les coûts qu'engendrera le redémarrage de l'usine demeurent également inconnus.
Énergie
Pendant toute la durée du conflit, RTA a bénéficié d'ententes forçant Hydro-Québec à acquérir l'énergie rendue disponible par la baisse de production à l'aluminerie d'Alma. La situation a vivement été dénoncée par le syndicat de même que par certains représentants politiques.
Lundi, lors d'un point de presse, le député péquiste de Lac-Saint-jean, Alexandre Cloutier, a évoqué à nouveau ses questionnements par rapport à la situation. Le député Cloutier chiffre à 33 millions $ les sommes versées à RTA au cours du conflit.
«L'achat d'électricité pendant un conflit de travail nous apparaît comme une aberration. (..) Je peux réitérer que nous analyserons en détail l'ensemble de ces ententes», a-t-il déclaré.