De passage à Alma

Mulcair condamne l'attitude des conservateurs

Le chef du NPD, Thomas Mulcair, et le... (Photo Gimmy Desbiens)

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Le chef du NPD, Thomas Mulcair, et le député Claude Patry ont rendu visite aux lock-outés de l'Usine Alma de Rio-Tinto Alcan, hier, à Alma.

Photo Gimmy Desbiens

Marc St-Hilaire
Le Quotidien

(ALMA) Le Canada s'est comporté tel un pays du tiers-monde lorsqu'il a approuvé la vente d'Alcan au groupe Rio Tinto, affirme le chef du NPD, Thomas Mulcair.

De passage au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mercredi, le chef de l'opposition officielle à Ottawa a multiplié les flèches à l'endroit du gouvernement conservateur de Stephen Harper. Il s'est attaqué à l'ensemble de l'oeuvre du parti depuis son entrée au pouvoir en janvier 2006.

M. Mulcair a particulièrement dénoncé le laxisme des conservateurs envers les travailleurs canadiens et québécois. Un gouvernement qui propose un «bar ouvert sur les droits collectifs des travailleurs», a-t-il décrit.

Le chef néodémocrate a visité les syndiqués en lock-out de l'Usine Alma, en après-midi. Ces derniers lui ont réservé un accueil bruyant, malgré une représentativité qui frôlait à peine la centaine de personnes.

Dans son discours, Thomas Mulcair a volontairement inclus une ou deux phrases en anglais, adressées expressément aux dirigeants de l'empire Rio Tinto. Il souhaitait ainsi insister sur les avantages considérables dont ils disposent au Québec.

«La réalité est que nos richesses naturelles nous appartiennent. Ils ont des conditions idéales; ils ont de l'énergie verte, propre et renouvelable. Ils produisent l'aluminium le plus vert sur la planète. C'est bon pour la compagnie, bon pour le consommateur et c'est bon pour les actionnaires. Vous aussi avez droit à votre part», a-t-il enchaîné.

Selon Thomas Mulcair, le gouvernement Harper a plongé le pays un siècle en arrière.

«Il y a eu 13 800 ventes d'entreprises canadiennes au cours des dernières années. De ces 13 800 ventes, seulement deux ont été bloquées, dont une à cause que ça faisait l'affaire, à cause de la province qui était impliquée pour la potasse en Saskatchewan. Il y a délocalisation, soi-disant en raison des ententes internationales. Mais un moment donné, ces lois-là doivent aussi profiter aux gens qui ont toujours trimé dur, qui ont construit ces usines et qui ont procuré des profits à coups de dizaines de milliards par année à des sociétés comme Rio Tinto Alcan», a-t-il martelé.

Plus tôt dans la journée, le chef du NPD a attribué aux Conservateurs les secousses qui ont frappé le Saguenay-Lac-Saint-Jean dans les dernières semaines. Il a ainsi référé à la fermeture de l'usine Novelis et à la mise au rancart de la machine numéro 6 à la papetière de Kénogami.

«Sincèrement, j'ai l'impression qu'on a été largué. Jonquière-Alma a été abandonné et le sort des travailleurs mis à pied ne fait pas partie des préoccupations du gouvernement conservateur. Ce que je trouve encore plus désolant, c'est l'attitude de Denis Lebel, ministre responsable de la région. Par son silence, il cautionne l'inaction de son gouvernement au détriment des intérêts économiques de notre région», a ajouté le député de Jonquière-Alma, Claude Patry.

Réplique

Le député conservateur de Roberval, Denis Lebel, a quant à lui répliqué par voie de communiqué, invoquant la volonté du NPD de hausser les taxes et d'instaurer une taxe du carbone, laquelle aurait selon lui des conséquences néfastes sur le transport.

«Heureusement, notre région peut compter sur un gouvernement dont l'économie est la priorité. Récemment, le premier ministre Stephen Harper annonçait la création de 125 emplois au port de Saguenay grâce à notre investissement de 15 millions$. Ceci permettra à notre région de poursuivre son développement et de s'ouvrir sur le monde», a renchéri Denis Lebel.

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