Le 23 juillet prochain, les syndiqués TCA de Kitimat verront leur convention collective arriver à échéance.
Or, à moins de trois mois de la date fatidique, les deux parties sont aux antipodes. Comme à Alma, le phénomène de la sous-traitance est au coeur des divergences.
Essentiellement, le syndicat réclame ce qui lui aurait été promis en 2007, lorsqu'il a accepté de rouvrir son contrat de travail.
La compagnie faisait alors miroiter un projet d'investissements de plus de 3 milliards$, lequel doublait la capacité de production de l'aluminerie en la faisant passer à 420 000 tonnes par année. L'annonce a été faite en décembre 2011.
«On nous a promis au moins 850 emplois reliés aux activités principales de l'usine. Nous avons fait des compromis pour obtenir ce projet de modernisation. Mais, ils nous ont menti. Ils savaient qu'ils allaient sabrer dans nos emplois et ne nous ont rien dit avant aujourd'hui. Maintenant, les postes qu'ils garantissent correspondent à 699 emplois lorsqu'on fait le calcul. Nos membres sont excessivement fâchés; ils sont frustrés», affirme Ed Abreu, l'un des représentants syndicaux de Kitimat.
»Dehors jusqu'à l'été»
Abreu est venu à Alma à quelques reprises depuis le début du lock-out. Selon lui, il existe un lien indissociable entre les négociations qui se déroulent à Kitimat et le conflit que subissent les travailleurs almatois.
«Les gens d'Alma sont dehors au moins jusqu'au 23 juillet, c'est définitif. Jamais l'employeur ne réglera avant de voir ce qui va se passer à Kitimat», affirme-t-il.
Selon lui, le lock-out d'Alma constitue un précieux argument de dissuasion.
À quelques détails près, ce qu'exigent les travailleurs de Kitimat ressemble au plancher d'emplois que revendique le groupe de Marc Maltais.
«À Alma, ils parlent de plancher d'emplois et ici, on parle de nombre minimal de fonctions reliées aux opérations (core jobs). Nous voulons définir quels postes font partie de l'Union.»
Le 20 avril dernier, la compagnie aurait présenté un nouveau modèle d'affaire aux représentants syndicaux. Plusieurs corps d'emplois traditionnellement réservés aux TCA seraient dorénavant attribués à des entreprises sous-traitantes, dont l'assemblage et le transport des anodes.
«La position de la compagnie concernant l'aluminerie modernisée est une insulte au syndicat, n'a aucune crédibilité et met la table pour une collision à ce stade des négociations», analysent les représentants syndicaux, lesquels ont convoqué une série d'assemblées générales au cours de la semaine.