Le président du local 9490 du Syndicat des métallos d'Alma, Marc Maltais, était l'un des invités de l'émission Tout le monde en parle diffusée sur les ondes de Radio-Canada hier. Il a brièvement résumé les grandes lignes du conflit qui a déjà passé le cap des quatre mois.
Le dirigeant syndical a été clair. Impossible de rivaliser avec une compagnie qui vaut 345 milliards de dollars. Mais sur la solidarité des travailleurs, c'est autre chose.
«À l'heure actuelle, elle fait de la bonne business. Elle veut utiliser le temps pour nous épuiser, nous mettre à genoux. Dans la région, les syndicats ont mis les drapeaux à terre. Il n'y a plus d'allégeance. Nous pourrions peut-être remercier les grandes compagnies et le gouvernement qui sont en train de réveiller un monstre.
«La compagnie vaut 345 G$ et on ne les essaiera pas sur l'argent. Mais elle ne pourra jamais nous enlever notre solidarité. Les dirigeants ne prendront jamais notre capacité à être ensemble et à livrer une juste cause», a indiqué M. Maltais.
Dans son allocution, le président du local 9490 a précisé que RTA veut remplacer les travailleurs qui partiront à la retraite par des sous-traitants.
«Nous n'attaquons pas les fournisseurs de services. Nous voulons éviter que de bons emplois soient éliminés pour du ''cheap labor''. Pour les 700 emplois que nous avons, nous finançons, avec les avantages fiscaux, les subventions et les prêts sans intérêt, 84 000$ par emploi. Il est donc normal de revendiquer de bons emplois pour garder un niveau salarial raisonnable. Nous ne voulons pas que les gens de la région puissent seulement survivre, nous voulons qu'ils puissent bien vivre.
«En plus, ce lock-out est payant pour la compagnie. Depuis le début, ce sont 55 millions de dollars qu'elle empoche avec la vente d'énergie à Hydro-Québec. Un conflit est sensé faire mal aux deux parties. Là, il n'y a plus cet équilibre traditionnel, car RTA ne perd pas d'argent dans ce conflit», a-t-il de nouveau martelé.
Satisfait
Hier soir, Marc Maltais se disait très satisfait de l'entrevue. Nerveux et stressé avant le début de la diffusion, car il ne savait pas ce que les gens de Tout le monde en parle allaient retenir.
«Je sais ce que j'ai à dire, mais je me demandais ce qu'ils étaient pour retenir. Et ils ont pris l'essentiel. Ce fut une très belle expérience. Ce passage à une émission aussi populaire m'a permis de sensibiliser l'ensemble des Québécois à ce qui se passe à Alma. Les gens de la région n'ont rien appris de nouveau, mais une bonne partie du Québec est maintenant au courant de la situation. C'était une belle opportunité», dit celui qui a récolté de nombreuses félicitations sur le réseau social Facebook.