Le reflet du quotidien oublié

Magali Baribeau-Marchand présente Ce qui existe, une exposition... (Le Progrès, Rocket Lavoie)

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Magali Baribeau-Marchand présente Ce qui existe, une exposition née d'une résidence d'un an offerte par la Ville et le centre de production en art actuel TouTTout.

Le Progrès, Rocket Lavoie

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Ce qui existe. Le titre de l'exposition de Magali Baribeau-Marchand présentée au Centre des arts et de la culture est évocateur. Jusqu'au 5 octobre, l'artiste présente différents objets du quotidien, trouvés, souvent oubliés, qui ont subi de délicates transformations, puis ont été assemblés de façon poétique, afin d'en faire émaner une nouvelle sensibilité.

Ce qui existe est le fruit du travail de la dernière année de Magali Baribeau-Marchand, artiste qui se concentre surtout en sculpture et en installation. Elle a remporté une résidence de recherche et création offerte par le centre de production en art actuel TouTTout et la Ville.

« La résidence a permis de me concentrer pendant un an sur un projet. Ce qui est souvent difficile, c'est d'avoir du temps pour créer. C'est agréable d'avoir un but précis et de l'atteindre en un an. » Magali Baribeau-Marchand a pu bénéficier d'un atelier individuel pour créer. « À TouTTout, on peut se côtoyer entre artistes, partager les ressources. C'est un lieu de travail stimulant. »

Dans Ce qui existe, Magali Baribeau-Marchand a eu envie de jouer avec l'espace et de s'inspirer de quelques-unes de ses collections. C'est une accumulation d'enveloppes qui a servi de point de départ au projet.

« J'ai ramassé des enveloppes et demandé aux gens qui m'entourent de faire la même chose. J'ai accumulé surtout des enveloppes qui contenaient des factures », explique-t-elle.

L'artiste a choisi de mettre en valeur les motifs des enveloppes qui servent à camoufler ce qu'elles contiennent.

« Je voulais leur donner tout le mérite, souligne-t-elle. Je souhaite faire exister des choses qu'on oublie, des objets du quotidien ou qui rappellent quelque chose de familier. Les matériaux bruts qui ont subi une transformation délicate sont au coeur de ma pratique. »

Magali Baribeau-Marchand a aussi mis les motifs d'enveloppes en valeur par des numérisations présentées sur un des murs. Puis, quelques milliers d'enveloppes ont été transformées en petits avions de papier.

« Je remets en valeur quelque chose qui est habituellement jeté automatiquement. L'avion rappelle aussi les jeux de l'enfance. Ma pratique est nostalgique, très simple afin de laisser place aux matériaux bruts. »

L'artiste a notamment récupéré une image provenant d'un album photo trouvé dans un marché aux puces il y a 10 ans. Le portrait imprégné sur un tissu léger évoque une certaine nostalgie, une fragilité.

L'exposition contient également une peinture à numéros vierge, une veilleuse et un petit cadre trouvé lors d'un voyage à Sarajevo. « Je travaille beaucoup dans la trouvaille et les hasards que je décide d'exploiter. »

Des oiseaux, image de la liberté et de la légèreté, sont prisonniers de structures en apparence lourdes.

Un long tissu aux motifs floraux, issu de son travail en duo avec Sara Létourneau, a été déroulé du plafond au centre de la pièce.

Dans la salle d'exposition, tout est déposé, rien n'est collé. « Je pourrais prendre le même matériel et faire une exposition complètement différente », assure l'artiste.

Des céramiques cassées sont notamment placées sur une table penchée près de laquelle un enregistrement de sons apaisants se fait entendre. « C'est l'image du quotidien qui peut basculer, des souvenirs qui s'effritent tranquillement. Le son, quant à lui, a quelque chose de léger, d'agréable. »

Par ses assemblages poétiques, l'artiste redonne une histoire aux objets inutiles ou qui pourraient se retrouver à la poubelle. Elle les dote d'une nouvelle sensibilité. « Dans mes pièces, il n'y a pas de solutions. Ce sont des propositions », conclut-elle.

Coup de coeur à Baie-Saint-Paul

Magali Baribeau-Marchand et Sara Létourneau sont revenues du Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul avec le prix Coup de coeur du public. Les oeuvres qu'elles ont créées au cours du mois passé dans Charlevoix ont séduit les visiteurs qui ont voté en grand nombre pour qu'elles reçoivent la seule récompense offerte dans le cadre de l'événement.

Chaque année, 12 artistes sont sélectionnés pour créer une oeuvre devant public dans le cadre du Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul. Des artistes en provenance du Québec, du Canada, des États-Unis et de la France ont été réunis dans la petite localité pendant un mois pour la 35e édition, en août dernier. Sara Létourneau et Magali Baribeau-Marchand étaient du nombre.

Le symposium n'est pas un concours, il ne récompense pas les artistes par des prix. Toutefois, le public peut se prononcer. Le Casino de Charlevoix remet une bourse de 2000 $, offerte par la Collection Loto-Québec, à l'artiste coup de coeur du public.

Cette année, c'est le travail du duo saguenéen qui a charmé les visiteurs.

« Notre projet a touché les gens », estime Magali Baribeau-Marchand.

Leur projet consistait à récupérer des fleurs artificielles dans les différents cimetières de la région de Charlevoix. « On a récupéré les fleurs envolées. On a ensuite découpé les pétales, puis on les a cousues ensemble afin de créer des courtepointes », décrit Magali Baribeau-Marchand. « On a fait un modèle de courtepointe par village de Charlevoix. »

Une autre partie de leur projet de création consistait à créer des mélodies à partir des prénoms de défunts. « On a créé une boîte à musique. On invitait les gens à nous donner le prénom d'une personne décédée qu'ils avaient aimée. Chaque lettre du prénom était transformée en une note. Les gens pouvaient écouter la mélodie du prénom », explique-t-elle. « Des fois, c'était très émotif, mais surtout, ça faisait sourire les gens qui pouvaient mettre un air sur le souvenir d'une personne. »

Le public de la région pourra découvrir une partie des oeuvres créées dans la cadre du symposium à la galerie d'art La Corniche, du 17 au 29 octobre 2017. Le vernissage aura lieu le 17 octobre.




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