Mélisande, le groupe qui réchauffe les coeurs

L'énergie déployée par la chanteuse Mélisande, du groupe... (Photo Le Progrès, Rocket Lavoie)

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L'énergie déployée par la chanteuse Mélisande, du groupe du même nom, a fait merveille vendredi soir, à l'ouverture des Grandes Veillées.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Que c'était mal parti, cette soirée d'ouverture des Grandes Veillées. Il faisait froid et lorsqu'on levait les yeux, on ne voyait qu'une épaisse couche de nuages gris comme une galerie, menaçant d'éclater à tout moment. À quelques minutes du premier spectacle présenté vendredi, celui de Mélisande, la scène dressée à Bagotville semblait bien seule. Les gens étaient plus motivés à l'idée de fréquenter le chapiteau où le Café Summum offrait de quoi se réchauffer.

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Voici à quoi ressemblait la foule qui a accueilli le groupe Mélisande en début de soirée, vendredi. Peu à peu, conquise par l'électrotrad proposé par cette formation, elle s'est densifiée pour la peine, ce qui a constitué un joli pied-de-nez au temps frisquet qui régnait à Bagotville.

Photo Le Progrès, Rocket Lavoie

Même l'animateur du festival, Marcel Le Pêcheur, affichait une mine résignée lorsqu'il est apparu en compagnie du collègue Rocket Lavoie. «On n'est pas nombreux, mais c'est pas grave. Ce soir, on remplace la quantité par la qualité», a-t-il lancé avant d'inviter le public à se rapprocher pour les besoins de la photo.

Les gens ont pris leur temps avant de constituer une masse critique. Sans qu'on puisse se croire à Woodstock, il y avait juste assez de monde pour faire honneur à Mélisande, le duo électrotrad formé de la chanteuse du même nom et d'Alexandre de Grosbois-Garand. Leur mandat consistait à conserver ce noyau d'irréductibles, mais ils ont fait bien mieux. À leur départ, un peu avant 21h, c'est une vraie foule qui a salué leurs efforts.

Elle a ainsi validé la décision du comité organisateur d'ouvrir avec des artistes qui, tout en respectant le répertoire ancien, s'ingénient à le dépoussiérer. En témoignaient les effets tirés du clavier d'Alexandre de Grosbois-Garand, la présence d'une section de cuivres et de deux danseurs - un homme et une femme - dont les figures souvent acrobatiques, proches de l'esthétique du hip-hop, se situaient à mille lieux de Soirée canadienne.

Dès la première chanson, Plantons la vigne, on a réalisé que ce groupe avait de bonnes chances de transformer le plomb en or. Les cuivres, le beat indéniablement pop, de même qu'un solo de flûte vraiment pas asthmatique, ont injecté à cet air vieux de cinq siècles une méchante dose de Botox. Néanmoins, les repères trad sont demeurés visibles à travers le chant de Mélisande, sa jolie voix qui fait penser à celle de Claire Pelletier, en plus tonique.

Cette parenté fut très apparente lorsqu'elle a repris J'ai planté un chêne, adoptant un dépit plus rapide que celui de Gilles Vigneault pendant que la flûte, le violon et la batterie tricotaient une trame luxuriante. Mais c'est une pièce instrumentale offerte après une trentaine de minutes, dansante et férocement pop malgré l'ajout d'une guimbarde, qui a dégelé les gens pour de bon. Alors que Mélisande dansait à la manière d'un robot, ils ont battu la mesure spontanément.

À partir de ce moment, c'était gagné pour le groupe et comme par magie, on a vu l'espace se remplir devant la scène, quelques enthousiastes esquissant des pas de danse au son de pièces comme L'enfant sans souci, la très coquine Sur la ritintin, ainsi que Buvons à la ronde, laquelle fut couronnée par un solo de violon bien troussé, gracieuseté de David Boulanger.

Autre chanson sur le thème de l'ivresse, Quand les hommes sont aux vignes a donné lieu à un intéressant contraste, le danseur adoptant la démarche lourde de celui qui a abusé des bonnes choses pendant que sa consoeur exécutait une chorégraphie dynamique avec Mélisande à chaque fois que le refrain pointait le bout de son nez. La version trad du girl power, en quelque sorte.

«On remercie le festival de nous avoir invités», a mentionné Mélisande avant de fermer les livres avec Le vin est bon, comme quoi ce groupe a de la suite dans les idées. Sur des arrangements encore plus électriques que d'habitude, les danseurs ont multiplié les prouesses, incluant le grand écart, et les cuivres ont rendu l'air un peu plus métallique. C'était encore frisquet à Bagotville, mais dans les coeurs, il faisait plus chaud qu'au début de la soirée.




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