Des oeuvres en constante dualité

Les bulles de verre posées au sol peuvent... (Photo Le Progrès, Gimmy Desbiens)

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Les bulles de verre posées au sol peuvent représenter des planètes toutes reliées entre elles par des cordes en cuir.

Photo Le Progrès, Gimmy Desbiens

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Pauline Mourrat
Le Quotidien

Lorsqu'on cherche à s'étendre, a-t-on vraiment conscience que l'on piétine peut-être l'aire de vie indispensable à quelqu'un d'autre ?

Une silhouette en aluminium, éventrée, pend au-dessus du... (Photo Le Progrès, Gimmy Desbiens) - image 1.0

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Une silhouette en aluminium, éventrée, pend au-dessus du feu. Toutes les pierres minutieusement entreposées par l'artiste ont été récoltées dans des villes du Québec.

Photo Le Progrès, Gimmy Desbiens

Quatre dyptiques sont accrohés au mur, la photo... (Photo Le Progrès, Gimmy Desbiens) - image 1.1

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Quatre dyptiques sont accrohés au mur, la photo de droite représente toujours la perception de Carl Bouchard. Au sol, l'artiste a reproduit un marteau attendrisseur.

Photo Le Progrès, Gimmy Desbiens

C'est en abordant la notion d'élargir son territoire que l'artiste Saguenéen Carl Bouchard a réalisé l'ensemble des oeuvres qui constituent son exposition Élargir son territoire, qui prend place au centre Langage Plus d'Alma.

À travers des sculptures, des installations, des peintures au pochoir, des vidéos et des photographies, Carl Bouchard a tenté de représenter l'élargissement du territoire sous toutes ses formes. Tant sur le plan géographique, intellectuel ou même corporel, la notion d'intrusion est présente dans la salle. Même si ce n'était pas son objectif premier, l'artiste s'est dirigé involontairement vers l'histoire des Premières Nations au Québec.

Une oeuvre musicale aux sonorités autochtones diffusée en boucle accompagne le public dans sa visite. Au centre de la salle, un feu de camp constitué de 585 pierres récoltées par l'artiste occupe l'espace. La totalité des pierres a été recueillie par Carl Bouchard lors d'une tournée de la province et leur disposition représente la fusion de certaines villes en 2004. Certaines ont dû disparaître au profit de l'envahissement par d'autres, plus grosses.

Face à face

Carl Bouchard a taillé directement dans une stéatite (aussi appelée pierre à savon) une forme de cocon qui représente un papillon monarque prisonnier de sa chrysalide. Le papillon monarque, un migrateur en perte d'habitat, est menacé d'extinction. 

Face à cette sculpture, d'immenses ailes de papillon faites en bois de raquette courbé installent cette situation de dualité très présente dans l'exposition. La liberté fait face au confinement, à l'emprise.

La série photographique Communauté a été faite avec quatre personnes de différentes nations autochtones. Quatre duos de photographies se font face et mettent en lumière des objets significatifs comme le marteau attendrisseur et le geste violent qu'il impose.

Le diptyque le plus marquant est certainement les photographies de Carl Bouchard et d'Élisabeth Kaine, la présidente de La Boîte Rouge vif, un organisme culturel autochtone basé à l'Université du Québec à Chicoutimi. Lorsqu'il est tenu par Mme Kaine, l'objet n'est qu'une boule dorée qui représente la Terre, mais lorsqu'il est dans les mains de l'artiste, l'objet devient un porte-cigarettes de contrebande. Deux visions complètement différentes d'un même objet se font face.

Empiètement

L'oeuvre vidéo Des traditions qui se perdent - crever les eaux met en lumière l'élargissement du territoire par la réduction de celui d'autrui. On y voit un être humain planter des aiguilles à tricoter dans un bocal rempli d'eau avec un poisson. En plantant ces aiguilles, l'être humain réduit considérablement l'espace de vie du poisson et peut aussi représenter les procédures archaïques d'avortement, les agressions sur un être vulnérable.

Le corpus d'oeuvres de Carl Bouchard représente à la fois l'élargissement du territoire, mais aussi l'envahissement qui en découle parfois. Toutes ses oeuvres sont en constante dualité, et chaque personne peut interpréter les réalisations à sa manière. L'exposition Élargir son territoire est dans la salle principale du centre Langage Plus jusqu'au 3 septembre 2017.




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