Le sourire fugitif d'une mère

Céline Fortin et sa fille Jeanne-Sophie Baron partageaient... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Céline Fortin et sa fille Jeanne-Sophie Baron partageaient l'affiche mardi soir, à l'occasion d'un concert présenté à l'église Saint-Raphaël de Jonquière. Elles ont charmé les mélomanes en maintes occasions, notamment sur des oeuvres de Bach et Kreisler.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

Un sourire fugitif. Genre deux secondes. Pendant que les 300 personnes rassemblées à l'église Saint-Raphaël de Jonquière applaudissaient vigoureusement, certaines allant jusqu'à crier leur contentement, Céline Fortin a discrètement exprimé la joie que venait de lui procurer l'interprétation d'une oeuvre de Kreisler en compagnie de sa fille, la violoniste Jeanne-Sophie Baron.

Il s'agissait de la seconde excursion dans les terres de ce compositeur qui affectionnait les ornementations, les détails qui mettent à l'épreuve la virtuosité des artistes qui s'y frottent. Après un Liebeslied si délicat qu'on avait eu l'impression d'écouter de la musique de salon, l'Allegro amené la jeune femme à multiplier les petits coups d'archet à la faveur d'un passage rapide, un brin pyrotechnique, pendant que l'orgue ronronnait.

La performance de Jeanne-Sophie Baron a tellement frappé les esprits que tout le monde, ou presque, s'est levé d'un bond pour la saluer. Elle qui a passé une partie de l'été à jouer au sein de l'Orchestre national des jeunes du Canada, occupant parfois la chaise de premier violon, pourra se vanter d'avoir généré l'un des beaux moments de la septième saison des Mardis de la Saint-Do.

La Chicoutimienne avait aussi fait des merveilles sur l'adagio de la Sonate pour violon en ré majeur de Brahms, plus tôt dans la soirée. Cette fois, c'est avec un luxe de nuances qu'elle a tricoté une trame à peine audible, parallèlement à celle de l'orgue. Le plus extraordinaire est qu'aucun instrument n'a fait de l'ombre à l'autre, tandis que le public prêtait une oreille attentive à ces jolis chuchotements.

Titulaire des grandes orgues de la cathédrale de Chicoutimi, responsable de la série de concerts présentés tous les étés dans cette église, Céline Fortin a aussi montré de bien belles choses. Parmi elles, mentionnons un extrait de La flûte enchantée de Mozart, l'Air de Papageno, qui a mobilisé le carillon de l'église Saint-Raphaël. Dommage qu'il n'y en ait pas d'autres dans la région. Il était agréable d'entendre le son étouffé produit par ses cloches. La musicienne a également tiré parti du Casavant à 18 jeux installé en 2016, celui qui se trouvait jadis au Séminaire Marie-Reine-du-Clergé de Métabetchouan. Il est moins imposant que celui de la cathédrale, mais sur le Prélude et fugue en do mineur de Bach, offert en solo, on a apprécié les riches textures provenant des claviers, mises en relief par le son feutré qui émanait du pédalier. Elles ont été bien servies par l'acoustique de l'église.

Sur une note plus légère, Jeanne-Sophie Baron et Céline Fortin ont complété le programme en amalgamant deux chansons popularisées par Édith Piaf: L'hymne à l'amour et La vie en rose. On entendait la pluie qui tombait dru à l'extérieur et ça ajoutait du charme à cette interprétation où, de temps en temps, on pouvait s'imaginer que le violon et l'orgue se relayaient pour prononcer ces phrases si familières.

Ce concert était l'avant-dernier de la saison. La semaine prochaine, toujours à 19h 30, ce sera au tour du professeur de Céline Fortin, Robert-Patrick Girard, de participer à la série jonquiéroise. Il sera flanqué du bassoniste Thomas Roy-Rochette et fait à signaler, cet ultime rendez-vous se déroulera à l'église Saint-Dominique, le point d'ancrage des Mardis de la Saint-Do.




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