Les sermons dansants de Tiken Jah Fakoly

L'un des enfants chéris du Festival international des... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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L'un des enfants chéris du Festival international des Rythmes du monde, Zale Seck, s'est fait de nouveaux amis lors d'un spectacle livré en début de soirée, jeudi, au centre-ville de Chicoutimi.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

C'était une soirée tout africaine, jeudi, près de la cathédrale de Chicoutimi. Après Zale Seck qui a envoûté le public rassemblé à l'occasion du Festival international des Rythmes du monde, la grande scène dressée à l'angle des rues Racine et Bégin a reçu de la visite rare, celle de l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly.

Dire qu'il était attendu relève de l'euphémisme, ainsi qu'en témoignait la foule imposante qui l'a vu sortir des coulisses, un bâton de marche à la main. Ses musiciens, de même que ses deux choristes dont la gestuelle est calquée sur celle des I Threes, le trio qui accompagnait son héros Bob Marley, avaient déjà installé un beat reggae lorsque le chanteur a ouvert le programme avec Le descendant.

Sa voix joliment terreuse, couplée à son physique imposant, a aussitôt magnétisé l'assistance. Depuis le temps que ses fans rêvaient de le voir dans un tel contexte, ils n'ont pas boudé leur plaisir. D'emblée, des centaines, des milliers de têtes, se sont mises à bouger doucement pendant que les plus audacieux laissaient leur corps exprimer leur contentement.

Les racines, mais surtout l'Afrique, ont dominé la première partie du spectacle. Dans Ça va faire mal, par exemple, l'appel à l'unité du continent a été livré d'un ton grave, ce qui n'a pas empêché la musique d'ajouter une touche de légèreté qui cadrait bien avec le temps doux - et sec - qui enveloppait la ville. On aurait dit un sermon sur la montagne, une scène tirée de l'Ancien Testament, à ce détail près que la bande sonore fleurait bon la Jamaïque.

Tonton d'America a creusé le même sillon en insistant sur l'impact négatif qu'a eu l'impérialisme économique des Américains. Le faux progrès qui en a résulté fut évoqué à la manière d'une complainte, Tiken Jah Fakoly concluant l'affaire avec une main sur le front, en laissant échapper un râle. Le public était mûr pour Le prix du Paradis, un air joyeux sur lequel flottaient ces mots : « Tout le monde veut le paradis, mais personne ne veut payer le prix ».

« C'est un morceau que nous dédions à la société civile qui est en train de réveiller l'Afrique. Personne ne viendra changer l'Afrique à notre place », a mentionné l'artiste avant d'inviter le public à l'accompagner, ce qu'il a fait tout en ondulant avec élégance. Le degré de complicité, déjà élevé, est alors monté d'un cran.

Le reggae, encore et toujours, a pulsé un autre hymne familier : Africa. La musique s'est faite plus insistante, tandis que Tiken Jah Fakoly dansait, courait sur place, avec un bel abandon. C'était déjà bien, mais le rythme s'est accéléré pendant que la foule répétait « Africa ». L'ambiance est devenue carrément festive, sauf que c'est à ce moment que l'auteur de ces lignes a dû retraiter, à regret, afin de respecter l'heure de tombée.

Zale Seck

Tel qu'évoqué plus haut, le premier invité fut Zale Seck, un habitué du festival et pour cause. Une fois de plus, en effet, le grand bonhomme a généré beaucoup de bonheur à l'aide de ses chansons et, surtout, en raison de sa personnalité engageante. Même si son répertoire varie très peu au fil des ans, on a le goût de le revoir afin de se chauffer au feu de son humanité.

Des compositions comme Gueum et La rencontre expriment une joie à laquelle il est difficile de ne pas succomber, tandis que l'humour de cet artiste arracherait un sourire à une statue de sel. C'est pour cette raison qu'à la fin du spectacle, ceux qui venaient de faire sa connaissance ne voulaient plus le laisser partir.




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