The Brooks et son funk d'enfer

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Alan Prater, chanteur et tromboniste au sein du groupe The Brooks, a charmé les spectateurs présents au centre-ville de Chicoutimi, vendredi soir, dans le cadre du Festival international des Rythmes du Monde.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Il y a eu deux histoires d'amour, vendredi soir, à l'occasion du Festival international des Rythmes du Monde. Une ancienne et l'autre récente. Sur la grande scène voisine de la cathédrale de Chicoutimi, les fidèles d'entre les fidèles ont fait fi de la pluie battante afin de retrouver l'homme qui a participé à huit des 15 éditions de l'événement, Marco Calliari. À l'autre bout de la rue Racine, simultanément ou presque, on a assisté à l'équivalent d'un coup de foudre à la faveur d'un spectacle donné par le groupe The Brooks.

Ses huit membres faisaient figure de petits nouveaux, mais juste dans le contexte du festival. Leur doyen, le chanteur et tromboniste Alan Prater, possède en effet plus de millage - sur Terre et sur scène - qu'une voiture américaine à Cuba. Rappelons que cet homme jouait avec les Jacksons au temps du vinyle et qu'il a tourné avec Michael dans les années 1980. À le voir aller, pourtant, on dirait qu'il s'est fait transfuser du sang dans la même clinique suisse que Keith Richards. Cet homme est inoxydable.

Lui et ses camarades se sont pointés au milieu de la soirée, sur la petite scène dressée à l'angle des rues Racine et Labrecque. Il faisait beau, mais ainsi que l'avait confirmé le présentateur Jean-François Lapointe, il était clair que ça ne durerait pas. Néanmoins, il y avait du monde, une belle petite foule qui s'est vite densifiée et surtout, qui s'est mise à bouger dès les premières chansons. Parce que ce groupe distille un funk d'enfer.

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Malgré la pluie, les spectateurs étaient au rendez-vous.

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Marco Calliari tient toujours la forme, comme il l'a démontré vendredi soir, à Chicoutimi.

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Les gars jouent serré, en particulier la rythmique rehaussée par les percussions de Marc Bell. Elle tisse une trame touffue, irrésistible, sur laquelle se posent les cuivres, ainsi que la voix d'Alan Prater, qui maîtrise tous les codes du genre. Elle se fait caressante, dure, enjouée, parfois même juvénile lorsqu'il fréquente les hauteurs du registre. Quand un vétéran comme lui fait des ouh! ouh! sur un air funky, les yeux fermés, on se croit revenu dans les années 1970, juste avant l'émergence du disco.

Ce qui ne gâte rien, c'est le fait qu'il s'est montré sous son jour le plus convivial, comme la fois où cet Américain désormais établi au Québec a sorti son français du dimanche: «Comment allez-vous? Mon français pas pire? Nous sommes Theeee Brooks, Theeee Brooks», a répété l'homme en invitant le public à l'imiter, ce que celui-ci a fait dans la bonne humeur. Le groupe venait de présenter Play The Part, une pièce qui «drivait» dangereusement avant que Sébastien Grenier n'exécute un solo de saxophone dans lequel on retrouvait pas une once de gras.

Autre composition appréciée, Mama, tirée du nouvel album intitulé Pain & Bliss, a scellé l'union entre les musiciens et leurs nouveaux fans en dépit de la pluie qui s'est mise à tomber avec de plus en plus d'insistance. La rythmique, encore, a fait entrer cette chanson dans les oreilles, le coeur et les genoux des spectateurs pendant que le clavier de Dan Thouin émettait des sons aériens. Puis, le beat est devenu plus lousse et Alan Prater a ajouté sa voix de fausset à l'ensemble en fendant l'air avec sa main gauche.

C'est après cette performance décoiffante que l'auteur de ces lignes s'est déplacé vers l'autre scène pour vérifier si Marco Calliari tenait toujours la forme. La réponse est oui, comme de raison, et la beauté de la chose est qu'on l'a vu sous un jour différent. En plus d'une accordéoniste et d'une trompettiste, en effet, il avait amené une adepte du tuba. Et loin de demeurer sagement dans son coin, cette musicienne a vraiment enrichi les arrangements en leur injectant de jolies rondeurs.

Devant une mer de parapluies, le chanteur a revisité son répertoire, offrant des titres comme Bella Luna et Per Fortuna, auxquels sa voix rauque a ajouté une touche d'intensité.

Il a aussi proposé une version enjouée d'Andare Camminare Lavorare, en plus d'accueillir ses camarades Wesli et Mademoiselle Ruiz, tout aussi énergiques. Un autre invité, Labess, figurait au programme, mais il a été impossible de revoir ce vétéran du festival en raison de l'heure de tombée.




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