Musique et frissons aux Rythmes du monde

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Daniel Coté
Le Quotidien

D'habitude, les frissons que génère le Festival international des Rythmes du Monde sont causés par la musique. Jeudi soir, cependant, à l'ouverture de la 15e édition, le public rassemblé sur la rue Racine, devant la scène voisine de la cathédrale, a eu froid dans le dos en raison des prouesses accomplies par les acrobates du Cirque Kalabanté.

À maintes reprises, en effet, ces hommes et ces femmes ont exécuté des numéros audacieux, du genre qui défie toute logique. Appuyés par une foule nombreuse et très familiale, accompagnés par quatre musiciens, ces artistes qui confèrent au cirque une couleur africaine ne sont manifestement pas atteints par le mal des hauteurs.

Combien de fois, par exemple, se sont-ils mis à trois pour rejoindre le plafond, l'un étant juché sur les épaules, les bras tendus ou la tête de l'autre ? Après cinq, on a cessé de compter. À leurs pieds, au milieu de la rue, les gens retenaient leur souffle lors des moments les plus délicats. Malgré les qualités athlétiques des acrobates, peut-être en raison de l'effet de proximité, ils ressentaient avec acuité la part de danger inhérente à de telles performances.

S'inquiéter fait partie du plaisir, bien sûr, comme dans cette séquence pendant laquelle trois hommes ont constitué une sorte de tour qui, tout à coup, s'est mise à pencher vers l'avant. Au lieu de s'écraser sur le plancher, toutefois, les participants ont retrouvé leur autonomie et effectué de jolies roulades. Il y a aussi la fois où un homme debout, supportant avec sa tête le poids d'un camarade, a effectué une rotation à 360 degrés. On percevait l'effort immense qu'il a dû déployer.

À un moment donné, quand même, le public a eu raison de frissonner. Ça s'est passé à la fin d'un numéro où trois hommes sont juchés l'un sur l'autre, alors que le dernier a pour unique support une main posée sur la tête du deuxième. Juste avant de compléter cette action, il a perdu l'équilibre et s'est écrasé sur la scène. Pas ébranlé par sa mésaventure, il a effectué une seconde tentative qui, elle, fut impeccable. Les gens, impressionnés, mais également soulagés, lui ont fait un triomphe.

Moins stressantes à regarder, mais tout aussi remarquables, deux femmes ont fait écarquiller bien des paires d'yeux en prenant des poses improbables. Leurs contorsions offertes avec un large sourire, souvent intégrées à des danses inspirées des traditions africaines, ont donné un nouveau sens au mot souplesse. À un tel niveau, quand le torse donne l'impression de ne plus être rattaché au bas du corps, ça devient surréaliste.

Il s'agissait de la première visite de Kalabanté au Saguenay-Lac-Saint-Jean et d'une rare incursion du Festival international des Rythmes du Monde dans l'univers du cirque. À en juger par la qualité du spectacle donné par la compagnie québécoise, de même que l'enthousiasme manifesté par les spectateurs, il sera opportun de poursuivre ces fréquentations.

Champion et ses G-Strings ont couronné la soirée... (Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Champion et ses G-Strings ont couronné la soirée de jeudi, dans le cadre du Festival international des Rythmes du Monde. Le public, nombreux, a apprécié ses compositions aux accents électro.

Le Quotidien, Rocket Lavoie

Du Chico Band à Champion

La soirée d'ouverture avait quelque chose d'oecuménique, en ce sens qu'elle rejoignait une large palette de goûts. C'est ainsi que sur la scène dressée à l'angle des rues Racine et Labrecque, les amateurs de rythmes latins ont eu droit à une généreuse ration de salsas et merengués par l'entremise du Chico Band. Plusieurs couples de danseurs en ont profité pour montrer de quoi ils étaient capables, ce qui ajoute toujours une touche de magie à l'affaire.

Quant au programme principal, livré par Champion et ses G-Strings, il a attiré un public un peu plus jeune et tout aussi prompt à danser. « On va commencer ça tranquillement », avait annoncé le DJ avant de mettre sur les rails une pièce intitulée I Can't Let Go. Sur des arrangements d'abord soyeux, puis un beat sourd d'où émergeait une guitare spectrale, on a cru reconnaître un vieil hymne blues, Baby, Please Don't Go, mais habilement remanié.

Pour plusieurs, ce fut l'occasion de découvrir comment Champion opère, de mesurer son enthousiasme quand il se met à danser, à sauter sur place, de le voir diriger le groupe à la manière d'un chef d'orchestre. Il a beau se trouver à gauche, un peu en retrait, c'est à travers lui que bat le coeur de ses G-Strings dont le plaisir de se trouver sur scène, d'animer la nuit chicoutimienne, faisait plaisir à voir.




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