FIAMS: Pour l'amour des deux Slinkies

Qui aurait cru que cet objet pouvait devenir... (Photo Le Progrès, Rocket Lavoie)

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Qui aurait cru que cet objet pouvait devenir un accessoire de théâtre? C'est pourtant ce que démontre avec éloquence - et un zeste de poésie - le spectacle intitulé Slinkie Love, présenté vendredi et samedi, à Jonquière. Il s'agit d'une belle trouvaille du Festival international des arts de la marionnette à Saguenay.

Photo Le Progrès, Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

Tout le monde connaît le Slinkie, cet objet formé d'anneaux de métal avec lequel on joue cinq minutes avant le laisser ramasser de la poussière au fond d'un tiroir. Il y a au moins deux personnes qui lui ont trouvé une fonction, les artistes britanniques David Mills et Claire Floyd. Ils l'ont placé au coeur d'un spectacle aussi bref qu'inoubliable, lequel est présenté au Parc de la Rivière-aux-Sables, à deux pas de la passerelle en aluminium.

Intitulé Slinkie Love, il a été offert pour la première fois vendredi après-midi, à la faveur du Festival international des arts de la marionnette à Saguenay. Plusieurs dizaines de personnes étaient présentes, dont un bon nombre d'enfants assis sur la pelouse, à deux ou trois pieds des modèles surdimensionnés qui constituent les seuls accessoires utilisés par la compagnie Bedlam Oz.

Avant l'arrivée des comédiens, on se demande à quoi rime ce spectacle dont on dit qu'il relate une histoire d'amour. On ne comprend pas plus lorsqu'ils effectuent des étirements suivis par une petite chorégraphie, jusqu'au moment où chacun pénètre à l'intérieur de son Slinkie. Les deux se dressent bien droits, puis se tournent vers le sol, faisant mine d'y chercher de quoi manger.

On dirait des tuyaux de sécheuse pourvus d'une pensée autonome, une vision qui prend un tour poétique lorsque le Slinkie «mâle» offre une rose à sa voisine. Elle se montre rétive, mais c'est pour mieux le prendre dans ses filets. Soudain, elle saisit la fleur, ce qui mène à des frottements suggestifs, puis à un contact prolongé entre les deux ouvertures, un genre de french kiss à l'arrière-goût métallique.

Ainsi fusionnés, les tourtereaux effectuent un mouvement semblable à celui d'une corde à danser. Il s'agit en réalité d'une danse de la fertilité, puisque sur une musique laissant filtrer des relents beatlesques, on voit poindre un petit Slinkie. L'image est si charmante que le public - principalement les adultes - applaudit chaleureusement les interprètes, lesquels remettront ça samedi à 14h, 15h, 16h 45 et 19h 45.

Cette dame est l'unique personnage de la pièce... (Photo Le Progrès, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Cette dame est l'unique personnage de la pièce Au naturel, dont la première a eu lieu vendredi après-midi. On la voit évoluer dans la vitrine du bar laitier Chez Pinocchio, sous les mains expertes de Serge Deslauriers et Andrée-Anne LeBlanc.

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Ces gens regardent la pièce Au naturel, qui fait partie d'un circuit comprenant quatre productions présentées dans des commerces de la rue Saint-Dominique, à Jonquière.

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Une dame dans sa vitrine, se pomponnant

Quelques dizaines de personnes étaient rassemblées devant le bar laitier Chez Pinocchio, vendredi après-midi. Elles n'attendaient pas leur tour pour consommer une crème molle, mais assistaient à la première mondiale d'Au naturel, une création conjointe du Théâtre La Rubrique et du Cabaret Décadanse. Ce spectacle faisait partie d'un circuit comprenant quatre escales, lesquelles correspondent aux vitrines de commerces établis sur la rue Saint-Dominique, à Jonquière.

Il s'agit d'une nouveauté dans le cadre du Festival international des arts de la marionnette. Un circuit amorcé devant la bibliothèque municipale, en collaboration avec l'Érudit Café, permet de voir quatre productions à l'intérieur d'une fenêtre de 60 minutes. C'est gratuit, bien sûr, et de nouvelles représentations seront données samedi (à 11 h, 14 h, 16 h et 19 h), de même que dimanche (à 11 h, 13 h, 14 h 30 et 16 h).

Les spectacles ont pour titres Incubateur, Votre destinée, Au naturel et Vue, qui n'était pas à l'affiche vendredi. Pour revenir à Au naturel, il met en scène une marionnette représentant une dame entre deux âges. Son corps est moulé sur celui des interprètes Serge Deslauriers et Andrée-Anne LeBlanc, qui la présentent à l'intérieur de sa résidence, se pomponnant en vue d'une sortie.

De la voir à travers une fenêtre, possiblement dans sa salle de bains, avait quelque chose de troublant. On se sentait un peu voyeur, même à plusieurs. On a aussi ri en voyant le personnage effectuer un mouvement de recul en découvrant son visage dans la glace, avant d'être ému lorsqu'un coup de fil, provenant sans doute de son cavalier, lui a appris que sa sortie était annulée.

Il y a quand même eu un « happy end », puisque la dame s'est consolée en mangeant un cornet aux fraises.




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