The Brooks a le vent dans le dos

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Absent de la région depuis deux ans, le groupe The Brooks promènera son soul et son funk contagieux les 4 et 5 août, alors qu'il participera au Festival international des Rythmes du Monde, ainsi qu'à la Fête de la bière de Saint-Gédéon.

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Daniel Coté
Le Quotidien

La dernière fois que le groupe The Brooks a joué au Saguenay-Lac-Saint-Jean, c'était il y a deux ans, à l'Agora du village portuaire de La Baie. Le funk qu'affectionnent ses huit membres avait attiré juste assez d'amateurs pour qu'il soit agréable de traîner près de la scène, mais ce n'est pas le souvenir le plus vif qu'ont retenu les principaux intéressés. « On s'en rappelle tous, raconte le bassiste Alexandre Lapointe. C'était tellement humide, tellement froid, ce soir-là. On avait de la misère à se réchauffer. »

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Depuis ce contact viril avec l'Esprit du fjord, un deuxième album a vu le jour, le très joli Pain and Bliss. Sorti en novembre, il se distingue du premier en raison de la contribution du chanteur Alan Prater qui, lors d'une soirée au club de jazz Dièze Onze, à Montréal, a été séduit par les compositions instrumentales concoctées par les musiciens. Il a commencé par mettre des mots sur ces pièces et voyant que ça fonctionnait, ses partenaires ont amorcé la création de nouveaux titres avec lui. « L'objectif est demeuré le même, soit de faire la musique qu'on avait envie de produire, et ce, sans barrière, ni compromis. Ça ne nous dérange pas si une chanson dure six ou sept minutes, par exemple. Nous tenons à demeurer intègres face à nous-mêmes. Nous sommes très critiques par rapport à notre esthétique », a énoncé Alexandre Lapointe mercredi, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Cette rigueur découle des origines du groupe, formé de musiciens pigistes qui avaient le goût de travailler sur un projet dont ils seraient les uniques responsables. Ils étaient quatre, il y a trois ans, puis les rangs ont grossi, mais jamais gratuitement. The Brooks est devenu l'équivalent d'une famille, en effet. Les conjointes et les enfants se voient régulièrement, y compris dans le social. C'est pour cette raison qu'il n'est pas question de donner des spectacles avec des effectifs réduits. On prend les huit ou on s'en passe.

Soul, funk, mais pas disco

Depuis la sortie du disque, The Brooks a surtout joué au Dièze Onze, où il a carte blanche tous les mercredis. L'été venu, cependant, le combo a amorcé la ronde des festivals en commençant par celui qui lui fait confiance depuis le début, le Festival de jazz de Montréal. D'autres événements ont emboîté le pas, dont le Festival international des Rythmes du Monde, qui l'accueillera le 4 août à 20 h 30, au centre-ville de Chicoutimi. Le lendemain, il se pointera à la Fête de la bière de Saint-Gédéon, plus spécifiquement au Parc Saint-Antoine (à 21 h).

« Il y a toujours quelque chose qui se passe pendant nos spectacles. Alan est un frontman extraordinaire et côté musique, l'accent est mis sur les textures, notamment grâce aux cuivres. Tout comme les percussions, ils font partie intégrante de notre son », décrit Alexandre Lapointe. Lui-même affirme que la signature du groupe est assimilable à du vieux soul. Des accents funk sont également perceptibles, mais The Brooks se tient à distance respectueuse du disco, son descendant direct. La ligne est mince, mais jamais traversée.

Ce qui vient de changer, c'est le poids des reprises en spectacle. Le groupe en faisait beaucoup avant l'arrivée de Pain and Bliss, mais le matériel original est suffisamment abondant pour justifier un repositionnement. « Nous ne voulons pas être perçus comme un band de covers. Désormais, nous nous limitons à deux par soir et les pièces sont choisies sous l'impulsion du moment. Des fois, on fait du Curtis Mayfield, à d'autres moments du Earth Wind and Fire ou du Sly and the Family Stone », rapporte le bassiste.

Le groupe qui se produira à Chicoutimi et à Saint-Gédéon, la semaine prochaine, sent que le vent lui pousse dans le dos. Des projets sont en gestation, possiblement à l'extérieur du Québec, et le public affiche de plus en plus ouvertement son adhésion. « C'est plus intense cet été. On a un style qui est peu exploité depuis le décès d'Amy Winehouse et on constate que les gens s'en ennuient. Il fait chaud quand on joue live. Ça danse beaucoup. Ça chante aussi », se réjouit Alexandre Lapointe.

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Alan Prater a beau posséder des états de service impressionnants, dont une collaboration étalée sur plusieurs années avec les Jacksons et leur membre le plus célèbre, Michael Jackson, il s'est parfaitement intégré à la formation The Brooks.

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Alan Prater, des Jacksons à The Brooks

Chaque fois qu'Alan Prater se montre le nez sur une scène, c'est un morceau de l'histoire de la musique populaire qui s'anime. Le chanteur du groupe The Brooks est plus âgé que ses camarades, en effet, et il a vécu des expériences qui font rêver. Né en Floride, le Montréalais d'adoption n'avait pas 20 ans lorsque les Jacksons l'ont embauché comme tromboniste. Il a ensuite participé à la tournée Thriller de Michael Jackson, entre 1981 et 1985. Au trombone se sont ajoutées la trompette et les voix.

«On ne sait pas quel âge il a. C'est le seul mystère qu'il garde», lance le bassiste Alexandre Lapointe d'un ton amusé. Parmi les choses qu'il apprécie chez son camarade, son absence de prétention figure en haut de la liste. Bien que ses états de service soient imposants et qu'il appartienne à une autre génération, l'homme participe aux activités sociales et professionnelles avec le même enthousiasme que les autres. Ce n'est pas son genre de se tirer un rang.

Il n'a pas l'habitude, non plus, de plastronner en évoquant ses faits d'armes. En revanche, le vétéran prend plaisir à relater des anecdotes mettant en scène des figures légendaires, tout simplement parce qu'elles ont croisé ses pas. «C'est une bible. Il a côtoyé nos héros et vient de la même époque qu'eux. Alan ne s'est pas contenté de les aimer et bien sûr, sa présence donne de la crédibilité à notre groupe», énonce le bassiste.

Ses expériences sont également celles d'un Noir américain à une époque où le mouvement des droits civiques faisait de grosses vagues. La route vers l'émancipation a toujours été cahoteuse et souvent, elle a trouvé un écho dans la culture populaire. Même sur le nouvel opus de la formation, Pain and Bliss, on retrouve la trace de ces préoccupations. «Les textes qu'il écrit ne parlent pas juste d'amour. Alan aborde aussi les questions sociales», met en relief Alexandre Lapointe.




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