Un symposium, trois visions

Originaire de l'Inde, Suchismita Sahoo aime peindre des... (Photo Le Progrès, Michel Tremblay)

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Originaire de l'Inde, Suchismita Sahoo aime peindre des objets enveloppés dans le plastique, notamment des fruits.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Jeudi, il faisait un temps idéal pour visiter les artistes rassemblés dans le hangar de la Zone portuaire de Chicoutimi, à l'occasion du 12e Symposium international de peinture et sculpture du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Du soleil, un peu de vent et juste ce qu'il faut de chaleur pour avoir le goût de prendre son temps, de se laisser charmer par les oeuvres, ainsi que les histoires relatées par les participants.

Installé au carrefour des deux allées où sont regroupés ses camarades, le parrain d'honneur de l'édition 2017, François Faucher, se fait rare dans les symposiums. Sa carrière florissante passe d'abord par les galeries qui, dans plusieurs régions du globe, proposent ses tableaux aux amateurs d'art. Il revient tout juste de France, où huit établissements défendent ses intérêts.

«J'avais fait les deux premières éditions de ce symposium et je suis de retour parce que le oui arrive plus vite lorsque la demande est adressée par une personne comme Gisèle Gravel», a mentionné le peintre en référant à la présidente du comité organisateur. Jusqu'à la fermeture des portes, dimanche à 17h, il profitera de son séjour au Saguenay pour échanger avec le public, qui sera sans doute intrigué par son approche de la peinture que l'homme qualifie de vibrationniste.

C'est le fruit d'une expérience menée à l'automne 1983, lors d'une séance de travail tenue à l'extérieur. «En rentrant à la maison, j'ai réalisé que le froid, jumelé à l'utilisation d'un pinceau plat d'un pouce, avait provoqué un effet de tremblement. J'ai développé là-dessus en amenant plus de déformations», rapporte le peintre originaire de Thetford Mines.

Son thème de prédilection est la musique classique. Des toiles accrochées dans le vieux hangar montrent des pianos qui donnent l'impression d'avoir été soustraits à la loi de la gravité, tout en laissant échapper des morceaux sous le coup d'une explosion imaginaire. «Il est plus difficile de tracer une belle ligne croche qu'une belle ligne droite. Il faut éviter la répétition», relate François Faucher qui, à l'image de ses collègues, sera présent jusqu'à dimanche, à 17h.

François Faucher assume le rôle de parrain d'honneur... (Photo Le Progrès, Michel Tremblay) - image 2.0

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François Faucher assume le rôle de parrain d'honneur du Symposium international de peinture et sculpture du Saguenay-Lac-Saint-Jean, tenu à Chicoutimi. Il profite de cet événement pour présenter ses tableaux créés dans l'esprit du style qui est le sien depuis 1983: le vibrationnisme.

Photo Le Progrès, Michel Tremblay

De New Delhi à Chicoutimi

L'une des recrues de l'édition 2017 est Suchismita Sahoo. C'est elle qui a parcouru la plus grande distance pour venir à Chicoutimi, puisque cette artiste vit à New Delhi, en Inde. Son approche de la peinture est moderne, imprégnée des nouvelles réalités que constituent les préoccupations environnementales et l'utilisation massive du plastique.

Les tableaux accrochés derrière son stand proposent quelques variations sur ce thème. On voit des fruits emprisonnés dans un sac transparent, ainsi que des bouteilles d'eau autour desquelles évolue un oiseau. Sur sa table, par ailleurs, la jeune femme peignait une pomme accompagnée de quelques prunes, en attendant d'enfermer ces fruits dans un sac. «Je ne suis pas contre le plastique, à condition qu'on le recycle adéquatement», a-t-elle confié en anglais.

Suchismita Sahoo aime jouer avec la transparence. Elle a aussi développé un goût pour les grands formats que les contraintes découlant du transport aérien n'ont pas permis d'afficher à Chicoutimi. Son art, qui est en constante évolution, l'amène à créer des installations et des photographies, parallèlement aux tableaux. Il lui permet de voyager partout dans le monde, notamment à Berlin et en Bosnie, ses prochaines destinations.

«J'avais été invitée à ce symposium l'an dernier, mais comme je participais à un stage en Belgique, je n'ai pas pu venir», précise l'artiste, qui est parvenue à s'imposer dans son pays en dépit des obstacles qui se dressent sur la route des femmes. «C'est une société très traditionnelle, mais ça commence à changer. De toute façon, même pour un homme, il n'est pas évident de faire carrière en art», avance Suchismita Sahoo en souriant.

Jocelyne Rousseau, de Mistassini, travaillait sur un paysage... (Photo Le Progrès, Michel Tremblay) - image 3.0

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Jocelyne Rousseau, de Mistassini, travaillait sur un paysage lorsque les représentants du Progrès lui ont rendu visite, jeudi avant-midi.

Photo Le Progrès, Michel Tremblay

L'appel de la nature

Le symposium ouvre ses bras à plusieurs artistes de la région, un groupe dont fait partie Jocelyne Rousseau. Présente pour une deuxième fois, cette dame compte parmi les peintres les plus réputés du Lac-Saint-Jean. Elle fait carrière depuis 1979 et ceux qui désirent visiter son atelier situé au 70 boulevard des Chutes, à Mistassini, sont toujours les bienvenus.

Il s'agit de son unique apparition au Saguenay et la Jeannoise en profitera pour réaliser deux ou trois tableaux, tous inspirés d'une photographie. Jeudi, par exemple, elle planchait sur un paysage se déployant à Sainte-Jeanne d'Arc, pas loin de son célèbre pont couvert. «Je travaille à partir d'un fond blanc sur lequel je fais un dessin, puis le lavis, avant d'appliquer la peinture. Je peux en mettre cinq couches», indique l'adepte de l'acrylique.

La nature se trouve au coeur de sa démarche, ce que laissent voir les tableaux apportés à Chicoutimi. De jolis coins de L'Anse-Saint-Jean et Métabetchouan, un ruisseau à Vauvert, ainsi que la Pointe des Pères à Mistassini, lui tiennent compagnie dans le vieux hangar. «Je suis une perfectionniste et mes tableaux sont réalistes. J'aime les défis, cependant, et je songe à changer de style», laisse entrevoir Jocelyne Rousseau.




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