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Une longue canicule, d'Anne Villeneuve: Marie-Hélène entre deux îles

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Illustratrice réputée, auteure de livres pour enfants qui ont fait date, notamment L'Écharpe rouge, Anne Villeneuve vient de lancer sa première bande dessinée pour adultes : Une longue canicule.

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Daniel Coté
Le Quotidien

(Saguenay) Ça prenait une Montréalaise pure laine pour montrer à quel point la transition entre une communauté excentrée et la Métropole peut se révéler déstabilisante. C'est pourtant ce qu'énonce Anne Villeneuve dans Une longue canicule, une bande dessinée dont l'héroïne, Marie-Hélène, tente de refaire sa vie dans un quartier poqué, à deux pas d'une autoroute, après avoir quitté des Îles-de-la-Madeleine dont le charme avait cessé d'opérer sur elle.

Portant toujours de deuil de son frère, dont la mort par noyade a brisé ses parents, la jeune femme part quand même avec un pincement au coeur. Elle s'éloigne de sa meilleure amie, d'un milieu où personne ne constitue un numéro, pour aboutir dans une ville dont le mode d'emploi lui est inconnu. On la sent naïve, heureuse, anxieuse, déterminée, tout ceci à la fois, au moment où le traversier la transporte sur le continent.

«J'ai toujours vécu à Montréal, mais j'ai visité les Îles en cinq occasions, dont deux en voilier. J'ai aussi rencontré des Madelinots établis dans la Métropole et ils ont partagé leurs premières impressions, qui référaient à l'absence d'horizon et de vent. Ils trouvaient que ça manquait de «respire»», a confié l'auteure à la faveur d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

L'un de ses interlocuteurs a aussi réalisé que dans un autobus, on ne s'adresse pas aux gens spontanément, de manière aussi naturelle que dans son patelin. Or, c'est avec une belle candeur que Marie-Hélène aborde les Montréalais, avec des fortunes diverses. Elle découvre également le coté sombre de la ville, alors qu'un criminel dangereux, fraîchement évadé, lui fait une cour pressante. Tout ceci pendant qu'une chaleur écrasante, presque palpable, rend tout le monde un peu fou.

«La canicule a été le point de départ du livre. J'en ai vécu plusieurs et je trouve qu'elles sont le pendant estival des tempêtes de neige. Tout arrête, on dirait, ce qui ouvre une période propice à l'introspection», estime Anne Villeneuve. Ses images en noir et blanc rendent bien la lourdeur du climat, tout comme les efforts déployés par la fille des Îles pour se rafraîchir. Dans un tel contexte, trouver le dernier ventilateur en vente dans un magasin représente une manière d'exploit.

Rencontre de deux solitudes

Peu à peu, malgré le mur invisible derrière lequel se réfugient tant de Montréalais, les liens tissés avec une voisine âgée allègent le poids de la solitude, tout comme l'intérêt affiché par un policier venu interroger Marie-Hélène. C'est un homme bon, on le voit tout de suite, et lui aussi aurait besoin que sa vie se conjugue au pluriel. C'est grâce à ce personnage que le livre prend une autre dimension.

«La rencontre avec le policier est importante, c'est celle entre deux solitudes, estime Anne Villeneuve. Plus âgé, il se trouve en face d'une fille dépourvue de malice, mais n'abuse pas de la situation. C'est lui qui va servir de pont affectif entre l'histoire que Marie-Hélène a vécue dans son enfance et ce qu'elle est devenue à l'âge adulte. Il la fait avancer.»

Passionnée par la bande dessinée, dont elle est grande consommatrice, l'auteure d'Une longue canicule a le sentiment de s'être fait un cadeau en menant à bien ce projet, son premier destiné aux adultes. Plus de deux années ont été nécessaires afin de créer cet album publié par la Mécanique Générale, mais elle ne regrette pas d'avoir persisté. Au contraire.

«Je veux en faire un autre qui, cette fois, évoquera mes rencontres avec les Cubains. C'est un peuple qui ressemble aux Québécois, des gens simples, faciles d'approche. Ils m'ont relaté plein d'histoires sur la vie dans leur pays, la réalité cubaine, et j'ai commencé à travailler là-dessus», annonce Anne Villeneuve, qu'on a d'abord connue en tant qu'illustratrice et auteure de livres pour enfants, notamment L'Écharpe rouge, qui lui a valu le Prix du Gouverneur Général en 2000.




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